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"La Route" (John Hillcoat, 2009)

Imaginer l’apocalypse pour l’empêcher ?

34 min
À retrouver dans l'émission

Les fictions d'apocalypse ont beaucoup à nous apprendre. Jean-Paul Engélibert, auteur de "Fabuler la fin du monde. La puissance critique des fictions d’apocalypse" (La Découverte, 2019), en discute avec l'écrivain Laurent Binet, qui fait paraître le roman "Civilizations" (Grasset, 2019).

"La Route" (John Hillcoat, 2009)
"La Route" (John Hillcoat, 2009) Crédits : Copyright Metropolitan FilmExport

Qu'est-ce que les fictions de fin du monde ont à nous apprendre? Quel pouvoir la fable a-t-elle sur le réel? L'analyse critique et parfois implicite que livrent les récits d'apocalypse du monde contemporain, à une époque où l'apocalypse de l'anthropocène remplace la fin des temps bibliques, ouvre à de nouveaux possibles et de nouveaux mondes. Contre les mythes du progrès reliés à la productivité et à la recherche du profit capitaliste, ces fables dystopiques valorisent le mythe de la destruction universelle. 

La bonne fiction d’apocalypse est celle qui problématise la fin, celle qui va mettre en tension la catastrophe autour de nous et ce qui pourrait nous permettre d'y échapper malgré tout. Ce qui m'intéresse, c'est ce malgré tout.            
(Jean-Paul Engélibert)

Rentrée littéraire oblige, une Grande table en présence du romancier Laurent Binet, invité de la première partie pour Civilizations (Grasset, 2019), une uchronie qui renverse le cours de l’histoire en postulant l’échec de Christophe Colomb et l’invasion de l’Europe par les incas au XVIème siècle. 

Et Jean-Paul Engélibert, professeur de littérature comparée à l'université Bordeaux-Montaigne. Avec Fabuler la fin du monde. La puissance critique des fictions d’apocalypse (La Découverte, 29 août 2019), il mêle analyses de films, de livres et de séries, de la trilogie MaddAddam de Margaret Atwood à la série The Leftovers, en passant par La Route de Cormac MacCarthy, ou encore Melancholia de Lars von Trier.  

J'ai trop lu de fictions apocalyptiques pour me focaliser sur une fin. Je préfère les imaginer...  
(Jean-Paul Engélibert)

Si elles ne prétendent pas donner de leçon directement transposable dans le réel et ne s'inscrivent donc pas dans la lignée des essais de Dominique Bourg, Cyril Dion ou Pablo Servigne, les fables d'apocalypse sont une véritable invitation à l'engagement. Car se placer à la fin des temps, et accepter la réalité de celle-ci, c'est se donner paradoxalement les moyens de la prévenir.

On a besoin de fables pour agir, on a besoin d'imaginer ce qu'on croit savoir.          
(Jean-Paul Engélibert)

Les fables d'apocalypse s'opposent ainsi aux fictions nihilistes visant à faire perdurer notre monde tel qu'il est aujourd’hui et au pouvoir établi. Bien qu'elles ne prétendent pas servir de modèle, les fictions d'apocalypse peuvent être lues comme un encouragement à la réflexion, à l'engagement et à l'action. Analyse d'un genre récent, contemporain des crises des sociétés modernes et de l'anthropocène, et de la manière dont toutes ces fictions s'articulent à l'histoire.

[L'apocalypse porte] le fantasme morbide de la destruction [...] mais aussi le côté table rase, on peut repartir à zéro sur des bases purifiées.          
(Laurent Binet)

Extraits sonores : 

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