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Jouissez avec ou sans entraves, avec Michel Bozon et Véronique Nahoum-Grappe

34 min
À retrouver dans l'émission

Dans quelques mois, nous fêterons 50 ans de Mai-68, mouvement qui a prôné une libération des mœurs. Un demi-siècle plus tard, la révolution sexuelle est-elle achevée ? Où en est-on de cette libération sexuelle ? Pour en parler, le sociologue Michel Bozon et l'anthroplogue Véronique Nahoum-Grappe.

Crédits : J. F. Baecker / Hans Lucas - AFP

"Dans la racine de la pulsion désirante, il y a la haine de l'objet désiré."

Véronique Nahoum-Grappe

"On s’accorde généralement pour dire que la révolution sexuelle a eu lieu. Comme les autres révolutions, elle suscite des interprétations diamétralement opposées. Ceux qui se réclament de son héritage insistent sur les bienfaits d’une évolution des mœurs qui, du droit à l’avortement au mariage homosexuel, a inscrit la liberté des désirs dans la législation. Ceux qui se sentent trahis par elle n’y voient qu’une réforme qui s’est trop bien accommodée des normes du capitalisme libéral. Selon eux, l’injonction égalitaire s’est transformée en culte de la performance, la fraternité en concurrence entre les corps et la liberté des mœurs en servitude pulsionnelle. Enfin, ceux qui sont par principe hostiles à toutes les révolutions rêvent du monde d’hier où, sous la férule d’une loi beaucoup moins permissive, l’amour et la sexualité allaient encore de pair. À les écouter, et pour reprendre les termes de Ricœur, il n’y a plus ni « merveille », ni « énigme » dans le sexe, seulement une longue « errance » où l’octroi de libertés nouvelles se paye d’une immense solitude.

[...] Or ceux qui, en 1968, réclamaient le droit de « jouir sans entraves » n’imaginaient pas comptabiliser leurs orgasmes au point de savoir à quel moment ils pourraient se déclarer satisfaits. Ils luttaient simplement contre des institutions politiques et des jugements sociaux qui les condamnaient à l’invisibilité, quand ce n’était pas à l’enfermement." (Jonathan Charlier et Michaël Foessel, "Une révolution sans révolutionnaires ?", Esprit, juillet/août 2017)

"On voit de nouvelles désignations apparaître (pansexuel, etc.), notamment auprès des jeunes : en effet, on ne veut plus se situer a priori dans une classification qui enferme."

Michel Bozon

Le numéro de juillet/août 2017 de la revue Esprit est consacré au Sexe après la Révolution.

Intervenants
  • Sociologue, directeur de recherche à l'Institut national d'études démographiques (Ined), directeur adjoint de l'Institut du genre (GIS)
  • Anthropologue
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de
Production déléguée
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