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La pancarte d'un prédicateur radical, près du Regents Park (Londres) en 2015

Qu’est-ce que le « surmusulman » ?

34 min
À retrouver dans l'émission

Six mois après les attentats du 13 novembre, et alors que Manuel Valls a annoncé ce lundi la création de centres d’hébergements pour personnes radicalisées, comment lutter contre ce phénomène ? Notre invité Fethi Benslama est psychanalyste et s’est intéressé, dans son dernier livre, à ce processus.

La pancarte d'un prédicateur radical, près du Regents Park (Londres) en 2015
La pancarte d'un prédicateur radical, près du Regents Park (Londres) en 2015 Crédits : Joe Newman / NATIONAL PICTURES

Lundi 9 mai, dans le cadre d’un nouveau « Plan d’action contre la radicalisation et le terrorisme », le Premier ministre Manuel Valls a annoncé la mise en place de centres de prise en charge de personnes radicalisées, dont l’un d’entre eux devrait ouvrir dès cet été. Comment prendre en charge les personnes « radicalisées », alors que 1 300 personnes ont été signalées comme telles selon les chiffres officiels ? Et d’abord, que cela veut-il dire ?

Notre invité, Fethi Benslama est psychanalyste. Il publie Un furieux désir de sacrifice. Le surmusulman (Seuil, mai 2016). Selon lui, on ne peut comprendre le phénomène de radicalisation que si l'on prend en compte une approche subjective et psychanalytique de l'individu. Fethi Benslama a exercé pendant de nombreuses années dans un service de protection à l'enfance en Seine-Saint-Denis - des consultations dont il tire les enseignements dans le livre qu'il fait paraître aujourd'hui, et où il développe le concept de « surmusulman ». Qu'entend-il par là et que recouvre cette notion ?

« Un surmusulman, c’est un musulman qui veut être encore plus musulman que le musulman qu’il est. Cette tendance, (…) est mue par une très grande culpabilité, un grand désarroi et un sentiment de défection par rapport à sa religion. (…) C’est le produit d’un siècle de ce qu’on appelle l’islamisme. L’islamisme a été une défense de l’islam par une religiosité extrême. C’était sa façon de se défendre par rapport à ce que l’occident amène : l’autonomie du politique. » Fethi Benslama, La Grande table

Pour dialoguer avec lui, nous accueillons également Raphaël Liogier, sociologue et philosophe, professeur à l’IEP d'Aix-en-Provence, et auteur de La guerre des civilisations n'aura pas lieu : coexistence et violence au XXIe siècle (janvier 2016, CNRS Editions).

Son diffusé - Comme chaque vendredi, le choix de sortie musicale de l'équipe de la Grande table :

  • Radiohead, "Daydreaming"

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(Ré)écoutez ici la première partie de la Grande table, avec l’actuel directeur musical de l’Orchestre national de France, Daniele Gatti, qui dirige pour la première fois l’opéra de Wagner « Tristan et Isolde » au Théâtre des Champs Elysées.

Intervenants
  • psychanalyste, professeur honoraire de l'université Paris-Diderot
  • sociologue et philosophe, professeur des universités à Science Po Aix en Provence et enseignant à Paris au Collège international de philosophie.
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