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Opération d'évacuation à la ZAD, Notre-Dame des Landes

La ZAD : une anthropologie du futur ?

34 min
À retrouver dans l'émission

Alessandro Pignocchi, ancien chercheur en sciences cognitives et philosophie de l'art, est aujourd'hui auteur de BD. Il publie "La Recomposition des mondes" (collection Anthropocène chez Seuil), un essai politique déguisé en journal de bord qui retrace son expérience à la ZAD...

Opération d'évacuation à la ZAD, Notre-Dame des Landes
Opération d'évacuation à la ZAD, Notre-Dame des Landes Crédits : Olanrivain - Maxppp

Alessandro Pignocchi, anthropologue dessinateur dans le bocage, en immersion dans la ZAD de Notre Dame des Landes, nous livre son journal de bord, proche de l’essai d’écologie politique… Dans La recomposition des mondes, un roman graphique publié au Seuil, collection Anthropocène, il revient sur son expérience et son projet ...

A la base, le projet n’était pas de faire une BD uniquement sur la ZAD. C’était un essai en bande dessinée, sur le fait que le concept de "nature" est une construction relativement récente dont il faudrait se défaire. Finalement, ce passage à la ZAD a été un tel choc, un tel émerveillement que mon projet s’est transformé en une BD sur la ZAD où l’aspect théorique s'est retrouvé un peu à l’arrière plan du récit à la première personne.

Il a publié ses premiers romans graphiques chez Steinkis éditions : Anent. Nouvelles des Indiens Jivaros (2016) dans lequel il raconte ses découvertes et ses déconvenues dans la jungle amazonienne, sur les traces de son maître spirituel, Philippe Descola  ; Petit traité d’écologie sauvage (2017) dans lequel il imagine un monde où l’animisme des Indiens d’Amazonie est devenu la pensée dominante ; La cosmologie du futur (2018) dans lequel il se débarrasse finalement du concept moderne de « nature ». Il séjourne aujourd’hui à la ZAD... 

Les relations que j’ai noué avec les Jivaros étaient finalement un peu banales. Ça n’a pas été le choc escompté. Cette BD sur la ZAD c’est peut-être l’inverse...

Il y a une relation, proche de celle des indiens d'Amazonie, qui est une relation de sujet à sujet, dans laquelle on tient compte de l’intériorité des non-humains. La notion de "service écologique" serait très incongrue sur la ZAD : personne ne dira qu’il faut protéger ces non-humains parce qu’ils nous rendent des services. Les mares, les oiseaux, tout est considéré comme des peuples, des voisins qui nous sont indissociables.

Au sein de la ZAD aurait déjà lieu une révolution cosmologique, contre une vision utilitariste de l'environnement propres aux politique publiques.

On désigne par cosmologie l’ensemble des structures inconscientes qui structurent et façonnent notre rapport au monde. C’est la distinction entre nature et culture qui est au fondement du rapport d’utilisation qu'on entretient avec elle. 

Retour, donc, sur la vie à la ZAD, et les enjeux de sa pérennité face à un Etat qui tente, encore, de la détruire...

Cette invraisemblable violence qui a été déchaînée contre la ZAD (et qui l’est encore), on ne peut la comprendre autrement que motivée par la peur des dirigeants.

Anthropologue militant, on revient sur l'engagement du chercheur et la démarche militante d'une profession... Il tient aussi un blog sur lequel il publie ses planches : Puntish 

Extraits sonores :

  • Dominique Bourg
  • Nous, Zadistes Radicaux - ZAD NDDL
  • Gaspard Glanz
Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de
Production déléguée

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