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Mains tenant un bébé

Le Corps : un champ de bataille?

34 min
À retrouver dans l'émission

Jusqu'où repoussera-t-on les limites du corps? Sylviane Agacinski nous en parle dans "L'Homme désincarné. Du corps charnel au corps fabriqué" (Coll. « tracts », Gallimard, juin 2019).

Mains tenant un bébé
Mains tenant un bébé Crédits : Jane Khomi - Getty

Le rêve de surmonter la finitude charnelle, des fables et mythes antiques aux promesses actuelles de la biotechnologie, est probablement aussi vieux que l’homme lui-même. Mais un homme nouveau se profile, sans père ni mère, homme augmenté et fabriqué. Et cela à quel prix ? C'est la question que pose la philosophe Sylviane Agacinski dans L'Homme désincarné. Du corps charnel au corps fabriqué, qu'elle publie dans la collection « Tracts » de Gallimard. 

Aujourd’hui, l'ambition de surmonter cette condition problématique pour l'homme qu'est sa condition charnelle passe par les moyens biotechnologiques.          
(Sylviane Agacinski)

S'étant déjà livrée à une critique de la pratique des mères porteuses, nouvelles esclaves de notre siècle selon elle, dans Corps en miettes (2009), elle montrait les failles de l'abolition de la distinction entre sexes apportée par la queer theory dans Femmes entre sexe et genre (2012) et critiquait le don d'organes dans Le Tiers-Corps (2018).

La seule vérité que nous reconnaissons aujourd’hui est la vérité techno-scientifique. [...] On l’oppose à la relativité des désirs subjectifs, des valeurs morales et des principes.      
(Sylviane Agacinski)

L'Homme désincarné reprend ces critiques et les dirige contre la gestation pour autrui (GPA), une pratique qui, écrit-elle, transforme le corps maternel en "instrument de production". Suivant l'idée que "Je suis mon corps", et non pas que "Mon corps m’appartient" (traduction erronée selon elle du slogan féministe "Our bodies, ourselves!"), elle rappelle que nous ne sommes pas propriétaires de notre corps comme d'un bien à disposition des marchés de la chair, ceux-là même qui profitent des plus pauvres et se livrent au commerce d'organes et autre baby business. Il n'y aurait ainsi pas de GPA éthique, mais une pratique qui contribue aux marchés de la personne.

Extraits sonores : 

  • Ma PMA hors la loi - PST - Adila Benedjaizou, 26/09/2018
  • Paul B. Preciado (Arte, 28 minutes, 03/04/2019)
  • Daniel Borillo (France Inter, Interception, 08/01/2017)
Intervenants
  • philosophe, a enseigné au lycée Carnot à Paris et à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales
L'équipe
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