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Vue en contre-plongée d'un rayon de soleil à travers le feuillage ( Kuala Lumpur, Malaisie)

Le monde sauvage existe-t-il encore ?

35 min
À retrouver dans l'émission

A l'occasion de la COP24 et dans le cadre de l’opération "Agir pour ma planète" de Radio France, rendez-vous avec Virginie Maris, philosophe de l’environnement au CNRS, auteur de "La Part sauvage du monde. Penser la nature dans l'Anthropocène" (Seuil, 2018).

Vue en contre-plongée d'un rayon de soleil à travers le feuillage ( Kuala Lumpur, Malaisie)
Vue en contre-plongée d'un rayon de soleil à travers le feuillage ( Kuala Lumpur, Malaisie) Crédits : simonlong - Getty

Alors que la COP 24 vient de débuter à Katowice en Pologne, et à quelques jours d’une nouvelle marche mondiale pour le climat, comment réduire notre emprise sur la planète? 

Dans La Part sauvage du monde (Seuil, 2018), Virginie maris revisite l’idée de nature, à travers son extériorité, son altérité, et son autonomie. Philosophe de l’environnement au CNRS, Virginie Maris travaille au Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive (CEFE) à Montpellier. 

Elle rappelle notamment que la plupart des solutions contre le réchauffement climatique ne sont pas sans coût pour la nature, des agro-carburants aux barrages hydrauliques. Or le monde "ne va pas du tout dans la bonne direction" pour limiter le réchauffement climatique, selon le secrétaire général des Nations unies António Guterres. Comment peut-on alors penser une transition doublement juste,à l’égard des hommes et à l’égard de la nature?

Plus que jamais, la question environnementale devrait être pensée comme un problème socio-politique central. Les transitions ne peuvent absolument pas se faire autrement que dans une redéfinition du contrat social. (Virginie Maris)

Ainsi, opposés à une nouvelle taxe sur le carburant, les "gilets jaunes" ont été qualifiés de "récalcitrants à la transition écologique", au départ. Ce mouvement ne démontre-t-il pas surtout qu’on ne peut pas penser la question environnementale isolément, hors de la sphère sociale, politique et économique?

A l'heure de la sixième extinction de masse, qui a vu disparaître 60 % des espèces en moins de quarante ans - selon l’indice Planète Vivante de WWF-, Virginie Maris parle de sauvegarder "la part sauvage du monde", cette nature "irrémédiablement étrangère aux finalités humaines", cette nature indocile que nous n'avons pas créée.

Aider à révéler cette intuition dont je crois qu’elle est très partagée qu’en réalité la vie ne vaut pas vraiment la peine d’être vécue si elle n’est qu’une sorte de survie centrée sur soi, sur la famille, sur l’espèce.          
(Virginie Maris)

Car, dans un monde où les frontières peuvent être vues comme discriminatoires, il paraît nécessaire de rétablir des limites entre naturel et artificiel, non pour séparer, mais pour favoriser l'échange et l'altérité.

Extraits sonores : 

  • "Grand entretien avec Philippe Descola" (La Méthode scientifique, 01/01/2018)
  • "Echange entre Nicolas Hulot, ancien ministre de l'écologie et Benoit Julou porte parole des gilets jaunes de Saint-Brieuc" (l'émission politique France 2 du 22/11/2018)
  • "La wilderness, une idée à la con ?" (trekmag, 24/02/2017)
  • "Eruption d'Eyjafjöll en Islande" (20h France 2 du 15/04/2010,Archive INA)
Intervenants
  • directrice de recherche au CNRS en philosophie de l’environnement, au sein du Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de
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