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Gravure de Théodore de Bry (1528-1598) représentant les différentes étapes de l'industrie sucrière par des esclaves.

L’esclavage sur le temps long, quelle mémoire ?

34 min
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A l’occasion du 170e anniversaire de l'abolition de l'esclavage, Arte diffuse ce soir une série documentaire en 4 épisodes retraçant "Les routes de l’esclavage". Entretien avec Fanny Glissant, qui l'a co-réalisé et produit, et Catherine Coquery-Vidrovitch, conseillère historique du film.

Gravure de Théodore de Bry (1528-1598) représentant les différentes étapes de l'industrie sucrière par des esclaves.
Gravure de Théodore de Bry (1528-1598) représentant les différentes étapes de l'industrie sucrière par des esclaves. Crédits : Leemage - AFP

Je suis à la fois descendante d’esclaves et de maîtres, mais je l’ai appris très récemment. (…) C’est pour vous dire à quel point cette histoire est méconnue. On y jette un voile pudique, tant du côté des afro-descendants que du côté des anciens maîtres. » Fanny Glissant

Pour elles, l'esclavage, colossal dans sa durée et phénoménal dans les souffrances qu'il a engendré, est encore en partie un tabou. A l'occasion du 170e anniversaire de son abolition sous l'impulsion de Victor Schœlcher, le 27 avril 1848, Fanny Glissant et Catherine Coquery-Vidrovitch ont voulu dresser un tableau de son histoire, mais aussi des séquelles et des héritages culturels qu'il a laissé dans notre monde. Un tableau bien vivant, chargé de souvenirs à vif, lourd de révolte, émaillé aussi de chants et de danses, qui nous entraîne du Caire à Tombouctou, du Cap Vert à Bordeaux, de Lisbonne à Londres. 

Nièce du célèbre philosophe et poète Edouard Glissant, grand défenseur de la cause noire, Fanny Glissant a réalisé Bienvenue dans la vraie vie des femmes (2009), Orson Welles, autopsie d’une légende (2015), la case du siècle (2016) ou encore Karen Blixen, le songe d’une nuit africaine (2017). Pendant quatre années de suite, elle a produit et co-réalisé "Les routes de l'esclavage", série herculéenne en quatre épisodes de 52 minutes, fruit d'un travail en commun avec la Compagnie des Phares et balises et Arte. 

Historienne spécialiste de l’Afrique, professeur émérite de l’université Paris-Diderot et membre du Comité de Vigilance face aux usages publics de l’Histoire, Catherine Coquery-Vidrovitch est la conseillère historique de ce documentaire. 

Privilégiant l’histoire longue et les grandes synthèses, elle a publié des ouvrages de référence sur les questions de l’esclavage, de la colonisation, les concepts d’impérialisme et de capitalisme en Afrique. Dans _Enjeux politiques de l’histoire colonial_e (Agone, 2009), elle dessinait 40 ans d’histoire coloniale française. Dans Etre esclave : Afrique-Amériques, XVe-XIXe siècle, (La découverte 2013) elle s'intéressait à la condition d’esclave dans une perspective longue, des plantations brésiliennes du XVe siècle à l’esclavage pré-colonial en Afrique. Elle publie aujourd'hui chez Albin Michel un ouvrage homonyme du documentaire, qui brosse un tableau synthétique d'une histoire qu'elle juge "terrible mais encore mal connue".

Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
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