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La foire "Paris Photo'" au Grand Palais à Paris, le 9 novembre 2017.

Paris, capitale mondiale de la photographie

34 min
À retrouver dans l'émission

Paris Photo est aujourd’hui, pour les éditeurs, les artistes, les galeristes et les amateurs de photo le rendez-vous international incontournable, et l’événement culminant du Mois de la Photographie qui a lieu, lui, tous les deux ans dans la ville depuis 1980.

La foire "Paris Photo'" au Grand Palais à Paris, le 9 novembre 2017.
La foire "Paris Photo'" au Grand Palais à Paris, le 9 novembre 2017. Crédits : Lionel BONAVENTURE - AFP

La foire "Paris Photo" mobilise d’importantes institutions culturelles et de nombreuses galeries pour proposer au public aussi bien des expositions que des débats et des rencontres. Autrement dit, pendant un mois, la ville lumière se transforme en capitale mondiale de la photographie.

Cette émission remet à l'honneur un art aujourd’hui amplement reconnu comme majeur, malgré le peu de presse qu’il obtient encore, avec nos quatre invités qui nous viennent naturellement du monde entier, Simon Baker, conservateur pour la photographie et la création artistique internationale à la Tate Modern de Londres, Yannick Bouillis,  fondateur de Offprint Paris, Sam Stourdze, directeur du Musée de l'Elysée à Lausanne, et Jean-Luc Monterosso, fondateur et directeur de la Maison Européenne de la Photographie.

Comment Paris est-il devenu le berceau de la photographie ? D'abord parce que la capitale a permis des découvertes et des redécouvertes, grâce à la foire internationale "Paris photo". Car cet événement annuel est devenu le chef de fil du marché européen de la photographie. 

Il est important qu’il y ait un marché, car ce marché soutient la création photographique. Aujourd’hui, beaucoup de photographes sont obligés de se reconvertir. Les magazines ne font plus appel à eux, les agences ferment peu à peu. Il y a une véritable révolution dans le monde de la photo, confie Jean-Luc Monterosso, fondateur et directeur de la Maison Européenne de la Photographie.

"Paris Photo" 2017 au Grand Palais
"Paris Photo" 2017 au Grand Palais Crédits : Lionel BONAVENTURE / AFP - AFP

En une quinzaine d'année, "Paris Photo" est devenu le Festival de Cannes de la photographie, comme un indicateur de tendances. C’est un marché avec des galeries mais aussi un lieu de rencontre. 

Aujourd’hui, cette manifestation constitue la grande foire pour les collectionneurs, mais c’est également une grande contribution pour les chercheurs, les universitaires, les conservateurs de musées, qui sont curieux, et cherchent autre chose. Paris Photo a su faire venir différentes activités au son sein, elle attire d’autres organisateurs événements. Richard Avedon n’aurait pas pu être vu dans une foire il y a quelques années. Différents publics sont visés, et c’est formidable, explique Simon Baker, conservateur pour la photographie et la création artistique internationale à la Tate Modern de Londres.

La photographie est pourtant à l'origine, un art éminemment populaire, un art de proximité. Aujourd'hui, tout le monde peut faire de la photo. Mais alors, comment gérer la foie "Paris Photo" gère-t-elle le côté commercial de la photographie et l’esthétique ? 

Pour Simon Baker, On assiste aujourd'hui à une révolte des images. Cette révolte, c'est celle des images du pauvre. Il y a un véritable retour aux archives de la photographie. C'est toujours étonnant de voir des portraits de Francis Bacon signés Richard Avedon, à côté de galeries qui présentent des cartes postales et des photographies d'amateurs anonymes. C'est ça, la révolte des images ! 

Autre petite révolution amplifiée par la foie "Paris Photo", l'importance accordée au livre. A l'ère du numérique et de la dématérialisation, ce retour au livre semble pourtant paradoxal. Mais l'image est aujourd'hui protéiforme, elle se tire photographiquement, elle s'imprime, mais elle se projette aussi. Ce sont les différentes pratiques contemporaines de la photographie. 

Au XXe siècle, la photo s'est structurée à partie du livre photo, contrairement à l'art contemporain. Le livre a joué un rôle essentiel et structurant au XXe siècle, car c'est un très bon moyen de communication. Le livre s'envoie par la poste, il circule, contrairement aux musées. Par exemple, la connaissance de la photographie japonaise s'est faite à travers les livres, dans les années 1960, où se déplacer était encore difficile. C'est grâce aux livres de photo qu'on a découvert le photographe japonais Daidō Moriyama en Occident. Il a influencé les photographes européens uniquement par les livres, expliqueYannick BOUILLIS,  fondateur de Offprint Paris.

Yannick Bouillis, Sam Stourdzé et Simon Baker
Yannick Bouillis, Sam Stourdzé et Simon Baker Crédits : Thibaut Sardier - Radio France

Avec : 

- Simon BAKER,  conservateur pour la photographie et la création artistique internationale à la Tate Modern de Londres.

- Yannick BOUILLIS,  fondateur de Offprint Paris.

- Sam STOURDZE , directeur du Musée de l'Elysée à Lausanne.

*- * Jean-Luc MONTEROSSO , fondateur et directeur de la Maison Européenne de la Photographie.

Sons diffusés : 

  • Extrait de l'émission Côté Culture , le 16 novembre 2001.
  • "L'album photo", de Aldebert.
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