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Couvertures de G.A.V. de Marin Fouqué et Atmosphère de Jenny Offil

Littérature : “G.A.V.” de Marin Fouqué et “Atmosphère” de Jenny Offil

27 min
À retrouver dans l'émission

Nos critiques ont lu “G.A.V.” de Marin Fouqué et “Atmosphère” de Jenny Offil . Découvrez leurs avis...

Couvertures de G.A.V. de Marin Fouqué et Atmosphère de Jenny Offil
Couvertures de G.A.V. de Marin Fouqué et Atmosphère de Jenny Offil Crédits : Actes Sud / Dalva

La Grande Table Critique : chaque vendredi, une poignée de critiques passionnés échangent et se disputent autour de films, de livres, d’expositions, de disques, de bande-dessinées, etc... On y parle de l’actualité culturelle avec enthousiasme et contradiction.

Au sommaire de cette émission, deux romans : “G.A.V.” de Marin Fouqué chez Actes Sud et “Atmosphère” de Jenny Offil, traduit de l’anglais par Laétitia Devaux aux éditions Dalva. 

Pour en parler, aux côtés de Lucile Commeaux : Marie Sorbier, rédactrice en chef de I/O Gazette et productrice à France Culture et Christophe Rioux, universitaire, journaliste et écrivain

📕  -  "Atmosphère” de Jenny Offil

Jenny Offill est née en 1968, elle a trois romans à son actif. “Atmosphère” est le récit à la première personne du quotidien d’une bibliothécaire à Brooklyn, un récit éclaté, par touches, images et notes

Couverture du livre "Atmosphère" de Jenny Offil
Couverture du livre "Atmosphère" de Jenny Offil Crédits : Dalva

Le livre :

Atmosphère” fonctionne comme des brèves de comptoir, avec parfois des citations, des retranscriptions, des morceaux de questionnaires psy, mais se déroule en fait le récit d’angoisses et d’espérances, celles que la narratrice partage avec son mari et son petit garçon, avec son frère alcoolique et addict qu’elle soutient à bout de bras, une amie survivaliste qui fait des podcasts écolos, mais aussi tous les habitués de la bibliothèque où elle travaille. 

L’avis des critiques :

►►► Je ne savais pas à quoi m'attendre en ouvrant ce livre et c'est une belle surprise. On a l'impression que ça va être léger et drôle, mais ce qui est dit en sous texte est quand même assez dur, voire un peu désespéré.  (…) La narratrice utilise des "paragraphes pensées", très courts, un peu comme des haïkus qu’elle ne commente pas, comme si elle larguait une bombe soit drôle, soit avec un sens de la chute assez génial. Elle nous laisse avec ce qu’elle vient de nous envoyer à la tête et j’ai beaucoup aimé me laisser porter par ces mouvements par ces chutes, par ces saccades entre le rire et les problèmes existentiels. (…) Il y a aussi des galeries de personnages absolument étonnants, des scènes de dialogues, entre la sœur et le frère notamment, vraiment géniales et savoureuses. Ces scènes de dépressif drôle parlent aussi de la cruauté du monde contemporain et là on retrouve vraiment l’esprit de Woody Allen. Marie Sorbier

►►► _J’ai trouvé ce livre très étonnant, notamment parce qu'on alterne le micro et le macro. J'ai trouvé assez fascinant de voir comment l’intime et sa galerie de personnages et la famille s'articulent avec le fracas du monde, avec un sous texte et un décor en arrière-plan assez dur puisqu'on est quand même dans la grande tradition de la « climate fiction_* ». Toutes les phobies de l'Amérique apparaissent dans ce livre de manière très subtile. C’est une sorte de foire aux illuminés permanente, on passe de la Silicon Valley au transhumanisme, aux objets connectés, à la collapsologie au "glamping" (mot valise entre glamour et camping). On est dans un dans un miroir drôle, vraiment drôle mais aussi dans une dualité constante. Il y a des moments où on ne sait plus si on doit rire ou pleurer. On ne sait pas si on est dans une comédie à contrepoint tragique ou une tragédie à contrepoint comique. Christophe Rioux

*La « climate fiction » est un sous-genre littéraire abordant le thème du changement climatique dont le réchauffement climatique. Cet anglicisme, forgé sur le modèle de la science-fiction, est parfois abrégé en « cli-fi » dans les pays anglophones. 

📕  -  “G.A.V.” de Marin Fouqué 

Marin Fouqué est né en 1991, il anime des ateliers d’écriture, fait de la boxe, écrit de la poésie, et aussi du rap, nous dit la quatrième de couverture. Son premier roman, “77”, avait fait parler de lui, c’était le monologue fleuve d’un jeune homme dans un abribus de la France semi-rurale. 

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Le livre :

Deux coups de feu ont retenti dans le quartier et les policiers rêvent de mettre la main sur le fauteur de troubles. En attendant, ils ont embarqué Angel, qui n'en est pas à sa première garde à vue. Mais Angel connaît la musique, il ne balancera personne.

Une nuit dans un commissariat, à chaque cellule sa voix : Angel à l'étrange sourire ; une jeune femme soumise au harcèlement quotidien d'un entrepôt ; des émeutiers ramassés à la fin d'une marche pour le climat ; un vieux manifestant brutalisé ; un cadre en dégrisement ; un flic exténué ; un adolescent souffre-douleur... Parias d'une nuit ou d'une vie, ils n'ont rien à déclarer, mais un destin à endosser, des circonstances à ressasser, une colère à exprimer, des espoirs à ranimer.

L’avis des critiques :

►►► C’est un roman qui travaille la phrase et le rythme saccadé, haché, percutant que nous impose l'auteur. C’est un livre assez fatigant à lire au sens premier du terme et, malgré toutes ses qualités littéraires indéniables, je me suis assez ennuyée. Il y a plein d’histoires, c’est un roman choral et ce qui lie tous ces personnages, c’est le style. Un style très fort, très puissant et très présent. Ca n’est pas un roman bavard, mais le style est tellement présent qu’il m'a totalement étouffé et j’ai fini par perdre, le fil, le fond et l'intérêt pour les histoires qu’il nous raconte. Marie Sorber

►►► Je suis partagé. J'avais beaucoup aimé 77. Je trouvais intéressant ce télescopage entre la boue et le bitume, la glaise, la terre et l'urbain. Je trouvais que c'était une belle découverte, avec un flow et une écriture slamée. Dans G.A.V. l'ensemble de polyphonies que nous propose Marin Fouqué est ambitieux et très complexe parce qu'il y a énormément d'entrelacement et on se perd parfois dans les personnages qui défilent. Ce que j'ai apprécié, en revanche, et qui existait déjà dans son premier livre, c’est la corporéité, c'est à dire l'incarnation corporelle. Christophe Rioux

Intervenants
  • Rédactrice en chef de I/O et productrice d'Affaire en cours sur France Culture
  • Auteur, universitaire, journaliste culturel (Le Quotidien de l'Art/Groupe Beaux Arts, Magazine LIRE), critique d'art (Revue Études) et chroniqueur pour La Dispute sur France Culture
L'équipe
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