LE DIRECT
Akram Khan dans "Xenos" au Fastival d'Edimbourg en 2018

Akram Khan, les adieux à la scène

27 min
À retrouver dans l'émission

"Je laisse mon corps parler, pas mon esprit" : Akram Khan, chorégraphe et danseur britannique, est notre invité pour sa dernière pièce, "Xenos", à la Grande Halle de La Villette (jusqu'au 22 décembre).

Akram Khan dans "Xenos" au Fastival d'Edimbourg en 2018
Akram Khan dans "Xenos" au Fastival d'Edimbourg en 2018 Crédits : Roberto Ricciuti - Getty

Il dit s'être trouvé lors d'un concours de disco organisé par l'école quand il avait onze ans : le chorégraphe et danseur Akram Khan danse pour la dernière fois, dans un solo saisissant, Xenos. Avec nous, il évoque ce monde dans lequel il se sent le plus étranger, le sens du mot en grec.

J'ai le sentiment d'être prêt à danser à travers le corps d'autres danseurs, et j'adore travailler avec des danseurs classiques, mais aussi avec des danseurs traditionnels d'autres cultures.            
(Akram Khan)

Peter Brook l'avait choisi encore adolescent pour danser le _Mahabharata_, dans la continuité de son apprentissage du kathak. Cette danse traditionnelle indienne, c'est sa mère qui l'avait poussé à la pratiquer. Ce fils d'émigrés bengalis arrivés en Grande-Bretagne en 1973 a complété sa formation à l'école d'Anne Teresa de Keersmaeker

Depuis la fin des années 1990, au côtés de sa compagnie née en 2000 de la rencontre avec Farooq Chaudhry, il renouvelle la danse contemporaine en la mâtinant d'influences kathak ou hip-hop. Une monographie lui est consacrée, à paraître en décembre : La Fureur du beau (Actes Sud, collectif, 2019).

Je ne pourrais pas décrire ce que c'est que de choréographier, parce je ne suis pas analytique par nature. J'envie et j'admire ce processus analytique qui m'a inspiré, celui d'Anne Teresa, mais mon approche est très instinctive. Quand quelqu'un me demande comment j'ai fait le travail, je ne sais plus. Et je n'ai pas non plus de formule.    
(Akram Khan)

Pour Xenos, il s'est penché sur les archives des sepoys, les soldats indiens engagés dans l'armée britannique pendant la Première Guerre mondiale. Accablé par le chiffre de quatre milllions de soldats issus des colonies dans le conflit, le chorégraphe raconte leur destinée à travers la figure d'un danseur de kathak. Akram Khan demande : comment pouvons-nous avancer vers l'avenir dans l'ignorance d'un tel passé ? Xenos est en ce sens l'écho de _"_Desh"(2011), l'autre grand solo du chorégraphe où il entremêlait fiction et réalité pour danser ses origines. 

C'est contre la binarité d'une époque qui ne dispose que de likes et de dislikes que s'élève la danse d'Akram Khan, révélatrice de l’ambiguïté éthique qui seule permet de comprendre la condition humaine. Ainsi entend-il l'usage de la mythologie dans son oeuvre, comme il le fait avec le mythe de Prométhée dans Xenos.

Merci à Pascale Fougère pour la traduction simultanée.

Extraits sonores : 

Intervenants

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......