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"Sea Lion", Série "Take me to the water", Mariane Ibrahim Gallery

Ayana V. Jackson, les eaux troubles de l’identité

27 min
À retrouver dans l'émission

Les mythologies africaines façonnent ses autoportraits : à l'occasion de Paris Photo (du 7 au 10 novembre), Ayana V. Jackson se met en scène dans son exposition "Take me to the water".

"Sea Lion", Série "Take me to the water", Mariane Ibrahim Gallery
"Sea Lion", Série "Take me to the water", Mariane Ibrahim Gallery Crédits : Ayana V. Jackson

Sa dernière exposition, "Take me to the water", redessine les mythologies africaines. Comme dans ses dernières séries, depuis "Leapfrog", la photographe étatsunienne Ayana V. Jackson met en scène son propre corps, se faisant aussi bien sujet et spectatrice. Elle poursuit ainsi un travail d'envergure sur la monstration du corps noir et le rôle de la photographie dans la construction des identités, notamment de race et de genre. Elle rappelle avec nous quelles références ont nourri sa production, en particulier la photographie ethnographique, qu'elle détourna pour sa série "Archival impulse". En jeu : une pratique photographique au service de la déconstruction des stéréotypes.

[Ce qui m'intéresse] : l'absence du corps noir, dans une perspective subjective, c'est-à-dire la question de nous-mêmes racontant notre propre histoire, alors que l'art occidental des siècles antérieurs a totalement façonné la manière dont le reste du monde comprend nos corps noirs.       
(Ayana V. Jackson)

Paris Photo se tiendra du 7 au 10 novembre sous la verrière du Grand Palais. Si Ayana V. Jackson y présente sa dernière exposition, elle revient avec nous sur des travaux passés comme "Maria di latte" ou "Black Madonna Tabloids", où elle questionnait l'image des nourrices noires aux Etats-Unis, pratique héritée de l'esclavage.

Ce qui m'intéresse, c'est une fois de plus de demander aux gens [...] comment on a objectivé, comment on a fait de ces femmes des objets. Qu'est-ce que ça signifiait pour les femmes noires d'être les personnes les plus importantes dans la vie de ces enfants, donc plus importantes que des nourrices blanches, qu'est-ce que ça signifiait d avoir ces femmes qui passaient plus d'heures avec les enfants qu'avec leurs propres parents, et, aussi, qu'est ce que ça fait, d'une certaine manière, d'avoir des femmes qui étaient écartées lorsque les enfants pouvaient bouger de manière plus libre?
(Ayana V. Jackson)

Merci à Pascale Fougere pour la traduction simultanée.

Extraits sonores : 

  • Anne Lafont, historienne de l'art, sur le Portrait d'une femme noire de Marie-Guillemine Benoist ("L'Art est la matière", 31 mars 2019)
  • Kerry James Marshall au sujet de l'oeuvre d'art
  • "Out of this world", John Coltrane (Blue World, Impulse)
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