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Francis Bacon, TRIPTYCH (1986 - 1987)

Bacon, autrement dit

27 min
À retrouver dans l'émission

A l’occasion de l'exposition "Bacon en toutes lettres" au Centre Pompidou, le critique d’art et romancier Franck Maubert, auteur en 2012 du « Dernier modèle », Prix Renaudot de l'essai, vient nous parler de sa rencontre avec le maître irlandais, peintre de la tragédie et de la condition humaine.

Francis Bacon, TRIPTYCH (1986 - 1987)
Francis Bacon, TRIPTYCH (1986 - 1987) Crédits : Francis Bacon

Du 11 septembre au 20 janvier 2020, le Centre Pompidou consacre une grande exposition au peintre Francis Bacon. Axée en partie sur les liens entre le peintre et la littérature, elle se place aux antipodes de toute narration ou de toute conception illustrative de la peinture. Des penseurs comme Georges Bataille ou Nietzsche, des écrivains comme Michel Leiris (auteur notamment d’une monographie sur le peintre, Francis Bacon : Face et profil) sont ainsi lus par de grandes voix dans les six « chambres d’écoute » qui jalonnent le parcours muséographique.   

Une exposition qui entend rendre à la littérature ce que lui doit l’œuvre de Bacon. Elle regroupe une soixantaine d’œuvres réalisées après 1971, année de la grande rétrospective au Grand-Palais qui constitue l’une des consécrations du peintre né en 1909 et mort en 1992, et qui fait la part belle aux triptyques.

En outre, on retrouve dans les toiles de Bacon cet attrait pour la littérature sous des formes diverses et détournées, comme l’Orestie, qui donne son titre à certaines œuvres, mais aussi le corps comme viande, image si chère à Bacon, en écho à un texte de Georges Bataille sur l’abattoir ; le poème de T.S. Eliot,La terre vaine (The Waste Land), titre d’une des toiles, ou encore la réflexion nietzschéenne sur la tragédie, un motif obsessionnel chez le peintre. L’exposition est réalisée sous l’égide du commissaire Didier Ottinger, assisté de Anna Hiddleston-Galloni

C’est un double personnage, il est insaisissable, irrationnel, comme sa peinture. Je n’avais accès qu’à une face de Bacon, même s’il m’entraînait dans sa nuit, presque pour parfaire sa légende...                  
(Franck Maubert)

Pour en parler, Franck Maubert, auteur de plusieurs ouvrages consacrés à la peinture et à la chanson, critique d’art à L’Express dans les années 1980, et à qui on doit notamment un ouvrage d’entretiens avec Francis Bacon, L’odeur du sang humain ne me quitte pas des yeux (Mille et une nuits, 2009). 

Je pense que sa vie était encore pire que ce qu’il peignait.      
(Franck Maubert)

Dans Avec Bacon (Gallimard, coll.Blanche, 2019), il exprime la fascination éprouvée pour Francis Bacon suite à la vision de l’une de ses toiles dans le générique du Dernier tango à Paris (Bernardo Bertolucci, 1972), et la sidération qu'il en a éprouvé. Surtout, il revient sur sa rencontre avec le peintre, à qui il a rendu visite dans son atelier de South Kensington à Londres, et dont, en tant que journaliste, il recueillait les secrets d'artiste que celui-ci voulait bien lui livrer. 

Il était très discret. Il estimait que la peinture était un lieu de mystère et que chacun pouvait y apporter sa part de soi, que ce n’était donc pas à lui de livrer quoi que ce soit.                    
(Franck Maubert)

Extraits sonores : 

  • Jonathan Littell (France Inter, Le 7/9, 08/03/2018)
  • Michel Couturier, "Entretiens avec Francis Bacon" (France Culture, 1975)
  • "Belongs to God" (Raphael Saadiq feat. Reverend E. Baker, Jimmy Lee, 2019)
  • Yannick Haenel (France Culture, Le Réveil culturel, 04/03/2019)

Bibliographie

"Avec Bacon" (Gallimard, coll. Blanche, 2019)

Avec BaconFranck MaubertGallimard, coll. Blanche, 2019

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