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Le chanteur lyrique et ténor Benjamin Bernheim à l'Opera Bastille, Paris, le 4 février 2020.

Benjamin Bernheim, une voix d’enfer

28 min
À retrouver dans l'émission

Le ténor Benjamin Bernheim, jeune prodige de l'art lyrique, chante le personnage de Faust dans l'opéra de Charles Gounod - adapté de l'œuvre de Goethe - à l'Opéra Bastille. La mise en scène de Tobias Kratzer permet d'ancrer dans le monde contemporain cet homme qui a vendu son âme au diable.

Le chanteur lyrique et ténor Benjamin Bernheim à l'Opera Bastille, Paris, le 4 février 2020.
Le chanteur lyrique et ténor Benjamin Bernheim à l'Opera Bastille, Paris, le 4 février 2020. Crédits : Christophe ARCHAMBAULT - AFP

En 2020, Benjamin Bernheim est consacré « Artiste Lyrique de l’Année » aux Victoires de la Musique. Une reconnaissance pour celui qui chante à l'Opéra de Paris dans Faust, après un très reconnuManon l'an dernier. L'opéra Faust sera retransmis sur France 5 le 26 mars prochain à 20h55 puis en replay sur Culturebox pendant six mois. 

Le rôle de Faust, comme celui du chevalier Des Grieux dans Manon, lui permet de développer les couleurs de sa voix tout en collant à l'état de sa voix actuelle. 

Au premier acte, Faust est vieux. Il faut savoir trouver le souffle court, les limites dans la voix, plus de raideur et de métal, moins de rondeur. Quand la voix vieillit on trouve moins ce côté voluptueux de la voix. C’est ce que je cherche pour montrer au public que, même si je suis jeune, j’essaye au maximum de chanter un vieillard avant de me transformer en jeune homme. (Benjamin Bernheim)

Un réflexion qui fait écho à la relecture du Faust de Goethe par Charles Gounod, qui ancre les raisons de la vente de son âme au diable dans la recherche de l'amour et de la jeunesse plutôt que dans la volonté de connaissance dans l'esprit faustien allemand. 

Tobias Kratzer est arrivé pour nous présenter le concept avec la dichotomie française et allemande, en expliquant que chez Goethe, Faust est un personnage qui recherche la sagesse absolue, alors que, dans l’inconscient collectif en France, c’est plutôt une recherche de la jeunesse et de la beauté. (Benjamin Bernheim)

Benjamin Bernheim possède un large panel de couleurs de voix. Une de ses techniques, celle de la conceptualisation, lui vient de Gary Magby, son mentor qu'il a rencontré à la Haute Ecole de Musique de Lausanne. S'ensuivirent des débuts à l'Opéra de Zurich avant qu'il ne s'envole vers d'autres grandes scènes européennes. 

La chance extraordinaire que l’on a dans la musique classique, c’est que chaque voix a son empreinte vocale, chaque voix apporte une couleur différente à cet air.  Et ce qui est très beau, c’est qu’effectivement, quelqu’un qui va chanter un air nous permet de nous baigner dans le son et d'y découvrir quelque chose. (Benjamin Bernheim)

Parmi ses rencontres artistes, Roberto Alagna a une place privilégiée puisque c'est lorsqu'il a découvert sa façon de chanter le répertoire français à ses 18 ans qu'il a commencé à vouloir interpréter la langue à sa façon, en se rapprochant du français parlé. 

Il m’a donné envie de défendre la langue française. Pour moi, le répertoire français devait attendre que je puisse grandir pour avoir la possibilité de le chanter au mieux. (Benjamin Bernheim)

Extraits sonores : 

  • Roberto Alagna - France Musique, 2016
  • Pretty Yende - La Grande Table, 2018
  • Extraits de Faust, "O Dieu que de bijoux" (Acte III), Montserrat Caballé 
  • Extrait de l'album Benjamin Bernheim, "Faust, Quel trouble inconnu me pénètre, Acte III", 2019, Deutsche Grammophon
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