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Camille Laurens (2016)

Camille Laurens à l’école des filles

27 min
À retrouver dans l'émission

La Grande table fait sa rentrée avec l'écrivaine Camille Laurens, membre du jury du Prix Goncourt, qui publie "Fille" (Gallimard, 2020), un roman qui explore ce qu'est être "fille" par le langage et les souvenirs.

Camille Laurens (2016)
Camille Laurens (2016) Crédits : Joël SAGET / AFP - AFP

En cette rentrée littéraire, l'écrivaine Camille Laurens (Laurence Ruel de son vrai nom) ouvre cette première Grande table. En février 2020, elle entrait à l’académie Goncourt avec l'essayiste Pascal Bruckner, tous deux élus à l'unanimité et en remplacement, respectivement, de Virginie Despentes (7e couvert) et Bernard Pivot (1er couvert).

Je veux y défendre la littérature et mon goût, car un jury est fait de subjectivité, ce n’est pas une instance supérieure. J’ai à cœur de transmettre mon amour de la littérature et de faire connaître le plus possible les auteurs qui le méritent. (Camille Laurens)

Elle est notamment l’auteure, en 2000, de Dans ces bras-là (P.O.L), Prix Fémina et Prix Renaudot des Lycéens, ou encore de Celle que vous croyez (Gallimard, 2016), adapté au cinéma en 2019 par Safy Nebbou, avec Juliette Binoche.

"Fille", c’est d’abord un mot, et toute la langue charrie l’infériorisation qui, depuis des siècles, est attribuée au sexe féminin. […] Tout ce qui est féminin dans la langue et dans la grammaire prend cette connotation négative. "Le masculin l’emporte sur le féminin", bien-sûr, c’est de la grammaire, mais c’est aussi vrai dans la vie ! La langue nous modèle et nous structure profondément et inconsciemment. C’est le rôle de l’écrivain d'en faire prendre conscience au lecteur.    
(Camille Laurens)

Son nouveau roman, Fille (Gallimard, 2020), compte dans les parutions de la rentrée littéraire, la pandémie de coronavirus ayant perturbé sa sortie prévue pour le printemps. Dans ce roman en trois parties couvrant trois naissances, elle se penche sur la condition féminine et les constructions dictées par le langage, la définition du mot « fille » étant interrogée du début à la fin.  Un titre que l’on reliera à celui de Serge Doubrovsky, qui publiait Fils en 1977 et inventait l’autofiction, genre complexe auquel ont été associées Camille Laurens et des auteures comme Annie Ernaux, mais duquel elles ne se revendiquent pas nécessairement. Camille Laurens préfère ainsi parler "d’écriture de soi". Un roman fort de cette rentrée, entre faits réels et fiction, enfance et maternité.

Dans cette période, […] naître fille, c’est n’être qu’une fille. […] C’est le mouvement #MeToo qui m’a amenée à réfléchir de nouveau, et de manière plus précise et plus informée, à ce que signifiait être une fille aujourd’hui, par rapport aux années 1970.    
(Camille Laurens)

La question de la différence sexuelle est quelque chose qui m’a toujours fascinée, et l’attirance, la fascination pour l‘autre sexe, fait partie de mon histoire romanesque.    
(Camille Laurens)

Extraits sonores : 

  • Extraits de Fille de Camille Laurens (Gallimard, 2020) lus par Elsa le Poivre
  • Annie Ernaux (France Inter, "Eclectik", 04.12.2011)
  • "Souviens-toi l'été dernier" (Benjamin Biolay, Grand Prix, Polydor, 2020)

Bibliographie

"Fille" (Gallimard, coll. "Blanche", 2020)

FilleCamille LaurensGallimard, 2020

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