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"Total"

Céline Minard & Ugo Bienvenu : Retour vers le futur

27 min
À retrouver dans l'émission

Voyage dans le futur avec l'écrivaine Céline Minard, auteure de "Plasmas" (éditions Rivages), et l'auteur de bande dessinée Ugo Bienvenu, à l'occasion de la parution de "Total" (Denoël Graphic).

"Total"
"Total" Crédits : Ugo Bienvenu / Denoël Graphic

Céline Minard et Ugo Bienvenu proposent des visions du futur originales et stimulantes à une époque où tous les supports de diffusion (romans, bandes dessinées, films, séries, etc.) multiplient les histoires jusqu'à l'épuisement des genres de la science-fiction et de l'anticipation. Cet automne, les spectateurs ont déjà pu voir une adaptation de Dune par Denis Villeneuve et la série Fondation inspirée de la saga d'Isaac Asimov sur Apple TV. En décembre, les spectateurs retrouveront les aventures de Néo dans Matrix 4 de Lana Wachowski, preuve que le cyberpunk est encore à la mode en 2021.

L'anticipation permet tout. Comme la fiction. Je pense que c'est presque l'inverse du Dernier monde. Le Dernier monde était un récit global, à peu près linéaire, d'un dernier individu humain qui faisait le tour de l'histoire humaine et animale. Et là, c'est un monde complètement éclaté et on fait le tour de rien. Mais on plonge dans différents univers et dans différentes matières. (Céline Minard)

Dans son roman graphique Total, Ugo Bienvenu fait dire à son héros : "Le futur n’excite plus l’humanité, doc ! Ma théorie, c’est que nous en avons modélisé, de manière plausible et réaliste, trop de versions…"

Il faut à la fois créer une structure pour que le spectateur rentre dans l'histoire, mais il faut aussi lui laisser sa place et utiliser en creux son imaginaire, puisque son imaginaire vient augmenter notre livre. Si on est trop dirigiste dans un film ou dans un [livre], on ne laisse pas d'espace aux spectateurs et, du coup, il ne vient pas augmenter le récit par son imagination à lui. Quand on lit un roman, c'est nous qui nous fabriquons nos images et donc on est aussi fabricant du livre dans une certaine mesure. En bande dessinée, nous on apporte l'image, il faut apporter cet espace de liberté au lecteur d'une autre manière. Et moi, c'est vrai que j'essaie toujours de lui aménager un espace pour qu'il vienne augmenter le livre qu'il a entre les mains avec sa réflexion. (Ugo Bienvenu)

Dans Plasmas, entre roman kaléidoscopique et recueil de nouvelles, Céline Minard imagine le futur en explorant le monde vivant avec une approche biologique et écologique : papillons, chevaux mutants, grands singes vivant en communauté dans une des dernières forêts du globe, fonds sous-marins, humains exilés dans un vaisseau spatial...

Pourquoi la science-fiction revient maintenant? Elle est née à un moment donné où l'humanité était face à un mur : la bombe nucléaire. Il fallait inventer des moyens parce qu'on était terrorisé par une mort imminente. On est grosso modo face à un nouveau mur. Evidemment, c'est l'imagination qui va nous permettre de dépasser ce mur, de l'escalader. Mais, en même temps, justement, on n'a jamais eu autant d'images, et moi, je suis très préoccupé par la surproduction. On parle beaucoup de surproduction dans la mode, dans la nourriture mais on ne parle pas de surproduction culturelle. Aujourd'hui, il y a une surproduction culturelle qui, en fait, mène à des effets assez similaires : une vraie réflexion, ou quelque chose qui pourrait nous aider à justement grimper ce mur, va être noyé par des millions d'avis. (Ugo Bienvenu)

"Total"
"Total" Crédits : Ugo Bienvenu / Denoël Graphic

Ugo Bienvenu reprend son personnage récurrent du robot Mikki et en fait un élément en toile de fond du récit Total : le robot est aux ordres d'un financier vulgaire et mégalomaniaque qui traite autant avec les extraterrestres qu'avec la Maison-Blanche. Réflexion sur l'argent-roi, le langage et le sens de la vie, Total joue avec les clichés du Comics et du conte philosophique pour raconter la vacuité de la vie du héros.

J'ai toujours besoin de mots, parfois techniques, parfois scientifiques, parfois poétiques. Mais de toute façon, dans le lexique, il y a toujours une poétique qui m'intéresse. Et quant à la forme, j'en ai eu besoin. C'était nécessaire. En fait, elle s'est imposée. C'est vraiment la forme qui correspond à ma perception du monde contemporain. Cette histoire d'éclatement relié par des fils très fins, des thématiques, des échos, des "répons", quelque chose qui est de l'ordre du dialogue, mais pas vraiment, presque du dialogue de sourds. C'est ça la forme qui s'est imposée : l'éclatement à peine relié. (Céline Minard)

Il n'y a de salut que dans l'imagination et dans son exercice, parce que c'est un muscle qui se travaille et qui permet de dégager des espaces où vivre. (Céline Minard)

Extrait sonore :

  • Brit Marling, The Inbound Studio, 2017 futur

Bibliographie

Plasmas

PlasmasCéline MinardRivages, 2021

Total

TotalUgo BienvenuDenoël Graphic, 2021

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