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extrait de Rendez-vous à Paris - La Tétralogie du monstre, tome 3 (2006)

Ces monstres en nous

1h13
À retrouver dans l'émission

L'univers d'Enki Bilal est peuplé d'humains en fusion, à mi-chemin entre l'animal et la machine... Partons à la découverte de notre propre monde vu par les yeux de l'artiste, à l'occasion de la rétrospective que lui consacre le fonds Hélène et Édouard Leclerc pour la culture.

extrait de Rendez-vous à Paris - La Tétralogie du monstre, tome 3 (2006)
extrait de Rendez-vous à Paris - La Tétralogie du monstre, tome 3 (2006) Crédits : Enki Bilal - Corbis

Enki Bilal nous parle de l’ensemble de son œuvre, revue et condensée au Fonds Hélène et Edouard Leclerc pour la Culture de Landerneau. Il dit créer et imaginer un futur probable à partir de la réalité : le monstrueux serait en germe dans le réel, et révélé par le pinceau de l’artiste.

Tout est relié à la vision du monde dans lequel on vit (…) C’est une vision monstrueuse de ce qu’est et a produit l’humanité, mais ce n’est pas un reflet réaliste du monde. Le pas d’après, la mutation amène une forme de monstruosité (…) La vision prospective a quelque chose de monstrueux. Enki Bilal

Le monstre est aussi celui qui, d’après l’expression, sommeille en chacun de nous. L’éclatement de la Yougoslavie, pays natal d’Enki Bilal, a signifié pour lui la libération de ces démons intérieurs. Attentif à ne pas glisser dans l’hyper-réalisme, l’auteur travaille le morcellement des corps pour exprimer ce potentiel de l’humain.

Le glissement du réel, la métamorphose, l’hybridation sont des éléments qui permettent de mieux parler du corps (…) l’hybridation par la machine, le transhumanisme, c’est la réalité de demain (…) Le but est que ce soit tellement « hybridifié » qu’on ne sait pas ce qui est encore de l’humain ou pas. Enki Bilal

En deuxième partie d’émission, nous recevons Florence de Mèredieu, auteure et philosophe spécialiste de l’esthétique pour aborder la question de la monstruosité dans l’œuvre de Francis Bacon. Le peintre britannique s'était donné pour but de peindre une réalité sous-jacente de ses modèles, mise au jour et exacerbée par les modifications qu'il leur fait subir.  

Ce qui est au centre c’est l’humain. Il faut en travailler la ressemblance en la détruisant, pour faire une ressemblance plus grande, plus puissante et plus vraie. Les personnages de Bacon sont distordus, déformés (…) Pour Bacon il n’y a pas de scission entre animalité et humanité. Il y a une grande continuité entre les règnes. Quand il trouve une dimension simiesque, ce qu’il fait ce n’est pas aller vers le transhumanisme mais retrouver une animalité qui est en l’homme. Florence de Mèredieu 

La peinture de Bacon prend pour matière et pour nourriture les affects du peintre et sa connaissance des modèles. Métabolisés tel un humus, il jaillissent sur la toile et l'animent, l'électrisent. 

Ce qu’il critique violemment c’est le monde des images, la civilisation des images (…) Il a beaucoup insisté sur le fait que sa peinture était branchée sur l’instinct et sur l’inconscient. Une toile qui ne serait pas le résultat d’un branchement sur des pulsions violentes et profondes n’aboutirait à rien, ce serait quelque chose d’artificiel, le monde de l’image et de l’illustration (...) La peinture doit être vivante dans la mesure où elle est en mouvement. Un tableau c’est un organisme vivant qui transcende toutes les morts. Florence de Mèredieu

Chroniques

13H50
9 min

Un voyage : la Seine et nos amours

Rediffusion
Sainte-Marie de Paris (Paris)
Intervenants
  • réalisateur, dessinateur et scénariste de bande dessinée français
  • philosophe, spécialiste de l’art moderne & contemporain.

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