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Clint Eastwood/ "un monde parfait" /"Behind the scenes"

Clint Eastwood, un paradoxe américain

27 min
À retrouver dans l'émission

Portrait du réalisateur, une certaine idée de l'Amérique chevillée au corps. Avec les journalistes Samuel Blumenfeld et Eric Libiot, à l'occasion de la sortie du coffret collector "Clint Eastwood : intégrale en 63 films" et de l'ouvrage cinéphile " Clint et moi" (JC Lattès).

Clint Eastwood/ "un monde parfait" /"Behind the scenes"
Clint Eastwood/ "un monde parfait" /"Behind the scenes" Crédits : © 2020 Warner Bros. Entertainment Inc.

Portait de Clint Eastwood, portrait d'une Amérique rongée par ses paradoxes ? On en parle avec Samuel Blumenfeld, journaliste au Monde et auteur du livret du coffret collector Clint Eastwood : intégrale en 63 films (Warner, 16 décembre). A ses côtés, Eric Libiot, ancien rédacteur en chef culture à L’Express, aujourd’hui chroniqueur à Lire et à France Inter. Après avoir notamment publié Clint Eastwood. Le franc-tireur d’Hollywood en 1997 chez Casterman, il faisait paraître en août Clint et moi (JC Lattès), un mélange d'érudition cinéphilique et de réflexions intimes centrées autour du personnage de Clint Eastwood. En creux de sa fascination pour son idole et ses contradictions, c'est un autoportrait de cinéphile qu'esquisse Eric Libiot. 

Ce qui me fascine chez Eastwood, c'est l'écran et ce qu'il y a derrière, l'artiste et ce qu'il cache; la fascination pour l'artiste et la difficulté à vivre cette fascination (...). Ce paradoxe est aussi de notre côté, chez le spectateur : Comment est-on aussi fasciné par quelqu'un qui nous énerve, nous trouble et nous remue à ce point? C'est peut-être la marque des grands artistes que d'être dans les ombres de la création et pas seulement dans la lumière. (Eric Libiot) 

Clint Eastwood, qui avait à l'origine un goût plus prononcé pour la musique, le jazz notamment, dont le personnage émerge dès 1964, lorsqu'il tourne dans un western de Sergio Leone, Pour une poignée de dollars. On doit à ce film la création de l’homme sans nom qui fera sa marque, laconique, de peu de dialogue. Deux autres films suivent et composent la trilogie du dollar: Pour quelques dollars de plus puis Le Bon, la brute et le truand. Car s'il est aujourd'hui une figure incontournable du réalisateur, Eastwood c'est aussi d'abord un acteur, le désir de créer chevillé au corps. Quand il prend pour la première fois la caméra, le public le connaît d'abord pour sa silhouette et ce visage qui parle plus que bien des textes.

Eastwood est "auteur" avant de devenir un auteur : il est d'abord une star de cinéma, et, avant ça, un acteur. Un acteur contraint, malheureux, qui ne dépasse pas les seconds rôles. (...) Mais dès le début de sa carrière, même acteur anonyme, Eastwood veut devenir réalisateur (Samuel Blumenfeld).

Sa signature d'acteur qui se construit dès les films avec Sergio Leone, c'est le laconisme. A l'instar de Steve McQueen, ce sont des acteurs rétifs devant le texte, qui préfèrent passer par leur visage pour s'exprimer. C'est aussi un acteur qui a conscience de ses limites, qui s'épanouit dans l'économie de mots. (Samuel Blumenfeld).

C'est en 1968 qu'il signe son premier long-métrage, _Pendez-les haut et court_. Un succès. Par la suite, même s'il rejonit Universal, il assure son indépendance en montant sa propre société de production “Malpaso”

Clint Eastwood derrière la caméra/ ""Un monde parfait" / "Behind  the scenes"
Clint Eastwood derrière la caméra/ ""Un monde parfait" / "Behind the scenes" Crédits : © 2020 Warner Bros. Entertainment Inc. - Corbis

Il opère le passage du western au polar urbain, puis d'autres encore, avec Un Shérif à New-York (1968). En 1992, c'est l'Oscar avec le western Impitoyable.

De Gran Torino– sa première mort à l'écran – à La Mule, Million Dollar Baby ou _Sur la route de Madison_, retour sur l'oeuvre du réalisateur qui sait vieillir à l'écran. _Il prépare actuellement son 39ème long-métrage, Cry Macho._ Fil rouge de son oeuvre, les figures et métamorphoses du héros américain. 

Sa filmographie est cohérente dans le sens où elle répond à une seule question : Qu'est-ce qu'un héros américain aujourd'hui? La figure du héros change entre les années 1970 et en 2020, parce que le héros vit en fonction des mouvements sociaux et globaux auxquels il est confronté. Il répond à cette question de façon différente suivant les moments, les genres et l'évolution de sa propre vision du monde. (Eric Libiot) 

Bibliographie

"Clint et moi" (JC LAttès, 2020)

Clint et moiEric LibiotJC Lattès, 2020

Intervenants
  • Journaliste au Monde, critique de cinéma.
  • chroniqueur à Lire et à France Inter, ancien rédacteur en chef culture à L'Express
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