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Statue of Loss - Faustin Linyekula

Danse : la saison africaine

27 min
À retrouver dans l'émission

Deux figures de la danse contemporaine et de la création chorégraphique africaine viennent nous parler de leurs nouvelles pièces. Faustin Linyekula présente "Statue of Loss" au Panthéon les 25 et 26 juin. Germaine Acogny a quant à elle reçu le Lion d'Or de la danse 2021 à la Biennale de Venise.

Statue of Loss - Faustin Linyekula
Statue of Loss - Faustin Linyekula

Tous deux créateurs de centres majeurs de la création chorégraphique africaine, Faustine Linyekula (Studios Kabakos) et Germaine Acogny (Mudra Africa puis l'Ecole des Sables) viennent nous parler de leurs visions de la danse. Ils sont tous les deux à l'honneur de la saison Africa2020 qui, dans une perspective panafricaine, présente la diversité de la création et de la pensée africaine. 

Faustin Linyekula a créé les Studios Kabako en 2001, aujourd'hui situés à Kisangani, en Répubique Démocratique du Congo. Sa pièce_Statue of Loss_, créée en 2014 avec les studios Kabako, a été présentée en 2018 dans plusieurs lieux de commémoration de la Première Guerre mondiale à l'occasion du centenaire de la fin de la guerre. Dans une nouvelle version avec deux danseurs et deux musiciens, Faustin Linyeluka évoquera, également par la voix, la mémoire des soldats congolais qui ont combattu pour l'armée belge pendant le conflit mondial. Elle est à voir au Panthéon les 25 et 27 juin prochain avec le Théâtre de la Ville, Monuments en Mouvement et Africa2020

Quand on s’intéresse à l’histoire de nos pays, dans la période juste après le début de la colonisation, très souvent nous sommes réduits à des statistiques. Et réussir à donner un nom est peut-être ma seule mission. De tous les congolais mobilisés pendant la Première Guerre mondiale, qui a aussi eu lieu sur le continent africain, les Belges ont mobilisé des congolais; en tout, plus de 250 000, avec 29 000 hommes qui ont perdu la vie, mais ce ne sont que des chiffres. Les noms de 32 soldats congolais qui sont venus se battre en Belgique, on les connaît et, en les nommant, c’est comme si je donnais un visage à cette histoire. (Faustin Linyekula)

Germaine Acogny s'est vue confier par Maurice Béjart, qui la considérait comme sa "fille noire", la Mudra-Afrique à Dakar (1977-1982). Elle a créé l’Ecole des Sables en 1998 (dans le village de Toubab Dialaw, au Sénégal). Après avoir dansé Mon élue noire puis Mon élue noire Sacre 2, créations qu'Olivier Dubois a conçues pour elle, Germaine Acogny devait présenter le Sacre du Printemps avec 38 danseurs issus de 14 pays africains différents dans le cadre de la saison Africa2020. En guise d'introduction, elle devait danser Common Ground(s) en duo avec Malou Airaudou, qui a fait partie de la célèbre compagnie de Pina Bausch.

Nous dansons mais on apprend à danser. Cette idée m’a toujours poursuivie. Cest pour cela qu’avec mon mari, Helmut Vogt, qui est allemand, un mélange, nous sommes arrivés à créer l'Ecole des Sables dans un village de pêcheurs qui est un vrai village de la danse où se retrouvent beaucoup de danseurs pour échanger. Les politiques n’ont pas réussi à réunir l’Afrique mais nous, grâce à la danse, nous avons réussi à réunir toute l’Afrique et tout le monde. La transmission me tient vraiment à cœur pour que, grâce à la danse, nous ayons la paix. (Germaine Acogny)

Extraits sonores : 

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