LE DIRECT
Déborah Lukumuena à la 42e cérémonie des César le 24 février 2017 et Jean-Pascal Zadi à la 46e cérémonie des César le 12 mars 2021

Deborah Lukumuena /Jean-Pascal Zadi, la relève

29 min
À retrouver dans l'émission

La plus jeune lauréate du César de la meilleure actrice dans un second rôle, Deborah Lukumuena, et Jean-Pascal Zadi, l'acteur et réalisateur récemment césarisé, incarnent un renouveau dans le cinéma français et prennent la relève dans ce qu'il a de plus engagé.

Déborah Lukumuena à la 42e cérémonie des César le 24 février 2017 et Jean-Pascal Zadi à la 46e cérémonie des César le 12 mars 2021
Déborah Lukumuena à la 42e cérémonie des César le 24 février 2017 et Jean-Pascal Zadi à la 46e cérémonie des César le 12 mars 2021 Crédits : Marc Piasecki / Pascal Le Segretain - Getty

En 2017, la carrière de Déborah Lukumuena avait commencé comme une consécration: césarisée pour son interprétation du rôle de Maimouna dans Divines d'Houda Benyamina, elle avait pourtant seulement passé le casting pour un rôle de figuration, et se destinait à une carrière de professeur de lettres. Après son cursus au Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique, elle a su faire des choix de rôle très judicieux, mais surtout très engagés.

Le corps est un outil indispensable pour jouer: Houda Benyamina me disait que le corps arrivait avant le verbe, y compris après la naissance. Au conservatoire, on apprend à faire table rase, puis à laisser la place au texte et à jouer des coudes avec lui, pour éviter qu’il nous écrase. La technique que j’y ai trouvée est une base importante. (Déborah Lukumuena)

J’ai beaucoup aimé Maimouna, et elle me suit encore parce que je suis admirative de sa capacité d’amour et d’humanité. C’est la seule qui comprend la colère qui anime son amie. Elle est héroïne, et elle meurt par amour. (Déborah Lukumuena)

En 2018, elle joue ainsi dans Les invisibles de Louis-Julien Petit, avec Audrey Lamy et Corinne Masiero, une comédie consacrée aux femmes qui vivent entre la rue et les centres d’hébergement. Pendant plusieurs mois, en 2019, elle a assuré un seule en scène au théâtre Gérard-Philipe à Saint-Denis : Anguille sous roche, l'adaptation du roman d'Ali Zamir. Ce choix était aussi motivé, dit-elle, par le goût des mots, et celui de la plume riche, parfois revêche, du jeune écrivain comorien.

Le livre dont la pièce est adaptée est écrit en une seule phrase, sans point: la question du souffle devient centrale, il faut avertir le spectateur que le texte continue. C’est une langue difficile. (Déborah Lukumuena)

Plus récemment, elle a rejoint le casting de la série Mental sur France TV.Slash pour la saison 2 diffusée à partir du 2 avril 2021 dans laquelle elle incarne Maximilienne, atteinte de troubles de l'alimentation. Mental est adaptée d'une série finlandaise, Sekasin, et on y suit le quotidien d'un groupe d'adolescents pensionnaires d'un service de pédopsychiatrie à Clermont-Ferrand. La série lève le tabou pesant sur la santé mentale à travers l'humour et la dédiabolisation de certains troubles.

Le personnage de Maximilienne est est en souffrance, mais à voix haute: elle fait beaucoup de bruit pour qu’on ne l’entende pa. Elle a fait sienne cette maladie, et le chemin vers la guérison est très long. (Déborah Lukumuena)

Les engagements de Déborah Lukumuena dépassent la scène, puisqu'elle fait partie de la campagne “Regarde moi bien” lancée le 8 mars par la Fondation des femmes, qui vise à lutter contre l'invisibilisation de celles-ci. Elle s'est aussi beaucoup exprimée sur le manque de visibilité des minorités dans le cinéma français, notamment à cause d'un manque de financement.

Je ne pense pas qu'il faille dire qu’on ne voit pas les couleurs, mais l’art peut régner à parts égales dans nos différences. Il y a une volonté d’ouvrir encore plus. Il faut que les portes restent ouvertes derrière nous. (Déborah Lukumuena)

On comprend ainsi l'hommage que lui a rendu Jean-Pascal Zadi dans son discours aux Césars, la citant parmi ceux et celles qui "ont ouvert la brèche avant [lui]" et qui ont permis le succès de la comédie primée Tout simplement noir

Le plus important est d’être dans la bienveillance: je ne fais pas les choses contre des personnes, mais pour tout le monde. J’espère ouvrir la brèche pour d’autres personnes. L’essentiel est que tout le monde ait la parole. (Jean-Pascal Zadi)

Jean-Pascal Zadi est aussi à retrouver sur France TV.Slash dans Carrément Craignos, comédie déjantée mais toujours très politique.

Extraits sonores

Bibliographie

bibliography

Mental - saison 2France TV.Slash, 2021

Intervenants

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......