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L'oeuvre "Elevazione" de G. Penone, 2011 - Présenté à Versailles en 2013

Des nouvelles d'Italie avec l'artiste Giuseppe Penone

28 min
À retrouver dans l'émission

Avec le sculpteur Giuseppe Penone, esquisser des chemins de traverse et tenter de faire dialoguer l'homme avec et dans la nature.

L'oeuvre "Elevazione" de G. Penone, 2011 - Présenté à Versailles en 2013
L'oeuvre "Elevazione" de G. Penone, 2011 - Présenté à Versailles en 2013 Crédits : Raphael GAILLARDE / Contributeur - Getty

L'arbre pour matière première, le sculpteur Giuseppe Penone questionne la place de l'homme dans le vivant. Notre invité aujourd'hui dans le cadre de la semaine Européenne de La Grande table, Giuseppe Penone livre son regard sur l'époque,  l'occasion d'interroger notre relation à la matière, à ce "tout" du vivant dont on se protège tant aujourd'hui et avec lequel pourtant d'autres voies sont possibles. 

La compréhension, attention face à la nature, au changement climatique sont plus fortes aujourd'hui. Tous ces sujets sont nécessaires à la survie de l'Homme mais il faudrait d'abord reconsidérer le concept de "nature". Si on reconsidère l'homme est nature, fait partie de l'ensemble de la nature, alors la protection de la nature comme de soi serait naturelle. Mais la nature en tant qu'existence est là même sans l'homme. (Giuseppe Penone)

Giuseppe Penone devant sa "Tra scorza e scorza" pour l'exposition à Versailles en 2013
Giuseppe Penone devant sa "Tra scorza e scorza" pour l'exposition à Versailles en 2013 Crédits : Patrick AVENTURIER / Contributeur - Getty

Une exposition "Sève et pensée"  lui est consacrée à la BNF. L'exposition qui comportera plusieurs installations inédites de l'artiste se tiendra en 2021. Déployant les thèmes de la mémoire et de l'écriture, cette collection présentera non seulement ses sculptures mais aussi des oeuvres graphiques intimistes, dessins, textes, photographies de l'artiste. 

S'il est un fil rouge de son travail c'est peut-être question de la mémoire du vivant et la transmission de sa fragile empreinte. Au coeur de ses créations, l'artiste déploie ces réflexions d'abord autour de sa matière de prédilection, ces arbres avec lesquels il travaille. Symbole de vitalité, mais aussi d'absolue étrangeté, l'arbre c'est d'abord un rythme, une croissance qui échappe à l'humain.

Le culturel c'est la mémoire individuelle et collective. Cette mémoire est présente aussi dans la trace, dans ce qui reste des éléments vivants. Le culturel c'est la capacité de la lire, de la comprendre. (Giuseppe Penone)

Pour celui pour lequel "l'homme est nature", l'artiste à l'instar de l'homme n'est pas ce qu'il a longtemps cru être, ni démiurge ni maître de la matière. Cette déconstruction de millénaires de domination du vivant, Giuseppe Penone l'a d'abord abordé frontalement avec l'oeuvre qui l'a fait connaître en 1969, "Alpi Maritime Continuerà a crescere tranne che in quel punto" [Alpes-Maritimes - Il poursuivra sa croissance sauf en ce point]. Puissante remise l'acte du sculpteur, cette série de photographies place la croissance d'un arbre au coeur de son dispositif. L'artiste s'efface pour laisser voir la perfection d'une forme vivante et naturelle. 

Souligner d'un geste, le plus simple possible, l'étrange beauté du vivant, c'est ce à quoi l'artiste italien s'emploie depuis 50 ans. Son oeuvre fait vaciller l'anthropocentrisme en rendant sensible l'invisible tout en ancrant son geste dans une mémoire universelle, une forme d'épure mettant à nu les couches de sédimentation de nos cultures.

Dans le sillage de l'Arte Povera, son oeuvre est aussi, et peut-être avant tout politique, lui qui considère que le rôle social de l'art dans la cité comme essentiel. Ce mouvement artistique né dans les années 60 face à l'industrialisation de sociétés toujours plus cadencées trouve une résonance particulière aujourd'hui. A l'heure de nos confinement intérieurs tenus à bonne distance d'un vivant menaçant, rechercher d'autres dialogues avec le monde n'a peut-être jamais été aussi urgent. 

Extraits sonores:

  • Emanuele Coccia au micro de Laure Adler pour L'heure bleue, 3 janv. 2017 
  • Michel Duguy au micro d'Alain Finkelkraut pour Répliques, mai 2009 
  • Jur "Moi tomber" sur l'album Sangria sorti le 13 novembre (Labl CRIDAcompany/ L'autre distribution) 
Intervenants
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