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Baudoin en 2016

Edmond Baudoin, le dessein d'une vie

27 min
À retrouver dans l'émission

C'est l'œuvre d'une vie : Edmond Baudoin raconte 80 ans d'existence dans un album complexe et protéiforme. Celui qui fut le précurseur, en France, de la bande-dessinée autobiographique publie "Les fleurs de cimetière" (L'Association), un album en forme de testament artistique.

Baudoin en 2016
Baudoin en 2016 Crédits : Joel Saget - AFP

Edmond Baudoin est né en 1942 à Nice. Il ne se destine pas à une carrière d'artiste : cette voie est réservé à son cadet, Pierre, qui fait les Beaux-Arts et "monte" à Paris. Pendant ce temps, Baudoin, lui, suit les traces de son père et une formation de comptable. Mais lorsque Pierre revient désabusé de la capitale, il laisse à Edmond la place d'artiste de la famille. C'est donc tardivement que Baudoin entre dans l'univers de la bande dessinée : s'il a toujours aimé dessiner, il a lu peu des albums cultes qui influencent ses contemporains et occupe ainsi une place à part dans le monde de la BD.  C'est une vie de dessin que raconte Les fleurs de cimetière (L'Association), son dernier album, qui veut dessiner la vie.

Je voulais aller avec ce livre, jusqu'à la fin, et voilà que la fin tarde. (Baudoin) 

Tout ce qui ne nous démolit pas complètement est quelque chose qui nous fait vivre, qui nous mène dans la vie. C'est comme une chance, qui peut-être nous fait regarder quelque chose avec le monde, nous fait regarder autrement. (Baudoin)

Liberté, c'est le mot qui caractérise sans doute le mieux la vie de Baudoin : liberté artistique, liberté amoureuse. Une liberté qui s'inspire de la danse, et de la nature, bien que les deux ne puissent être séparés dans les dessins de Baudoin où les arbres ondulent et dansent. L'album est ainsi préfacé par la danseuse et chorégraphe Nadia Vadori-Gauthier avec qui Baudoin avait déjà collaboré pour Le corps collectif (Gallimard, 2019).

Je crois que l'on n'arrête pas de se modeler nous-même : l'enfant n'a jamais fini d'être un enfant. (Baudoin) 

Les arbres sont une forêts. Les arbres ne se posent pas de question. Ils sont là. Ils sont la vie-même. Mais ils nous renvoient à quelque chose de notre histoire. (Baudoin) 

Dessiner c'est essayer de me comprendre dans le monde, de comprendre quelle est ma place. [...] Je parle aussi un peu à la place de mes amis, de ma mère qui ne savait pas lire ni écrire. Elle est belle cette responsabilité. (Baudoin)

Ecrivain engagé à gauche, Edmond Baudoin écrit dans un court ouvrage autobiographique, J'ai pas tous les mots (Les Éditions du Sonneur, 2021) : "naître, c'est s'engager".

Il faut s'engager pour la vie : nous sommes beaucoup, il faut vivre ensemble, réfléchir tous ensemble, pas seulement ceux qui nous dirigent. (Baudoin)

Les portraits de femmes cèdent la place aux arbres dans les dessins à l'encre de Chine de Baudoin.
Les portraits de femmes cèdent la place aux arbres dans les dessins à l'encre de Chine de Baudoin. Crédits : Edmond Baudoin

Quand j'ai commencé à dessiner, il n'y avait pas beaucoup de couleurs. J'aime la couleur, mais j'aime travailler le noir et blanc. (Baudoin)

Extraits sonores

  • Giuseppe Penone à propos de son travail de sculpture consacré aux arbres, dans Secret professionnel  (France Culture, dimanche 09 juin 2013)
  • Peter Handke : la solitude de l’artiste pour « embrasser le monde »  dans Du jour au lendemain (France Culture, vendredi 20 juin 2014)
  • "È pericoloso sporgersi", Bertrand Burgalat, extrait de Rêve capital (Tricatel, 2021)

Bibliographie

J'ai pas tous les mots

J'ai pas tous les motsEdmond BaudoinLes éditions du sonneur, 2021

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