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Ennio Morricone en studio à Los Angeles (1977)

Ennio Morricone, ciao Maestro !

1h13
À retrouver dans l'émission

Vladimir Cosma, Noël Simsolo et Stéphane Lerouge reviennent avec nous sur l'oeuvre d'Ennio Morricone, qui nous a quittés ce lundi 6 juillet.

Ennio Morricone en studio à Los Angeles (1977)
Ennio Morricone en studio à Los Angeles (1977) Crédits : Michael Ochs Archive - Getty

Ennio Morricone, compositeur de génie, s'est éteint dans la nuit du 5 au 6 juillet à l'âge de 91 ans. Né en 1928 à Rome, ville à laquelle il reste fidèle toute sa vie, il laisse derrière lui quelque cinq cents compositions originales pour le cinéma et la télévision, ainsi qu'une centaine d'oeuvres de concert. Élève du compositeur italien Goffredo Petrassi, ce connaisseur sans pareil de toutes les traditions savantes et adepte de la musique sérielle a su révolutionner non seulement la bande-son cinématographique mais le cinéma lui-même au fil de ses collaborations. Parmi ses oeuvres les plus connues, on compte la "trilogie du dollar" avec Sergio Leone, Le Clan des Siciliens avec Henri Verneuil (1969), Mission avec Roland Joffé (1986) ou encore Les Incorruptibles avec Brian de Palma (1987). Sa collaboration en 2016 avec Tarantino pour Les Huit Salopards lui vaut un Oscar de la meilleure musique de film, après un Oscar d'honneur en 2007 pour l'ensemble de sa carrière. 

Un compositeur de "musica assoluta"

Ennio Morricone divisait son oeuvre en deux parties : la musique "appliquée", commandée par des réalisateurs de cinéma pour leurs films, et la musique "absolue", écrite pour elle-même. Une séparation stricte que conteste Stéphane Lerouge, spécialiste de la musique à l'image : 

La musique a toujours été écrite sur commande. Ce n'est pas parce qu'on écrit une musique sur commande qu'elle est inférieure, ou "pas absolue".

Sergio Leone : un mariage involontaire 

Noël Simsolo, ami de Sergio Leone et historien du cinéma, revient sur l'importance capitale de ce duo dans l'histoire du septième art : 

Avec Leone, ils inventent quelque chose ensemble sans s'en rendre compte. Ils inventent une sorte de 'cinopéra' (...) Ils mettent les musiques sur le plateau. Ensemble, ils inventent un style qui changera complètement le cinéma et la manière de faire. Quand ils sont ensemble tous les deux, c'est l'osmose. (Noël Simsolo)

Dans les années 1950, 1960, il y avait une théorie : une bonne musique, c'est celle qu'on ne remarque pas dans le film. Avec Morricone, c'est devenu le contraire. (Noël Simsolo)

L'exigence du créateur original

Ennio Morricone a imposé une méthode de collaboration bien particulière : l'écriture de la musique précède le tournage du film. Le compositeur s'assure ainsi une totale liberté de création, quitte à surprendre le réalisateur. Avec ce procédé, la musique devient le guide du metteur en scène et dicte le souffle du film. 

Morricone s'est assez peu inspiré du folklore, des musiciens classiques et romantiques. Il est autonome avec lui-même, désobéissant à l'idée de répéter toujours les même choses. Il sait très bien qu'il fait de la musique populaire, et il la met au service du cinéma. (Noël Simsolo)

La musique c'est un caméléon, elle change de couleur par rapport à l'image sur laquelle on la met. (Vladimir Cosma)

Peur sur la ville, c'est une partition relativement ambitieuse pour un film du samedi soir. (...)  si vous voyez les images en coupant la musique, c'est tout à fait banal. La musique fait comprendre la menace urbaine. (Stéphane Lerouge)

Chroniques

13H50
9 min

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Intervenants
  • compositeur, chef d'orchestre et violoniste
  • réalisateur, comédien, scénariste, historien du cinéma
  • Restaurateur de bandes originales de films, responsable de la collection discographique " Ecoutez le cinéma ! " au sein d'Universal Music Jazz France

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