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Jacques Weber

Jacques Weber : "Il est grand temps de réinventer le théâtre"

28 min
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Pour cette rentrée du spectacle vivant, Jacques Weber nous raconte, dans "Paris-Beyrouth", son expérience au Liban, étroitement liée à son parcours de comédien, à son jeu, à sa voix.

Jacques Weber
Jacques Weber Crédits : Francois G. Durand - Getty

Homme de théâtre protéiforme, Jacques Weber publie en cette rentrée "Paris-Beyrouth". Dans ce livre, il revient, trente-cinq ans après, sur un tournage au Liban particulièrement marquant. Après le succès triomphant du "Cyrano" de 1983 au Mogador, sous la direction de Jérôme Savary, Jacques Weber nous raconte comment il a senti sa voix lui échapper, déraper. Après la scène parisienne, le comédien accepte alors un tournage dans une Beyrouth en plein conflit. Il rencontre la vraie violence, les cadavres, la guerre. Cette expérience ne cesse de nourrir son parcours artistique et personnel...

Je jouais Cyrano, j’étais reconnu, j’étais aimé, on m’applaudissait quand je rentrais, ça m’a terrifié, la voix ne voulait plus sortir. J’ai découvert que ma voix pouvait s’en aller sans crier gare.    
(Jacques Weber)

Ce qui m’a bouleversé dans Beyrouth, c’est ce mélange de douceur et d’horreur. C’est terrible à dire, mais quand j’y suis retourné en paix, j’étais presque déçu . A Beyrouth, pendant la guerre,  j’ai su ce qu’était réellement la peur, c’est de l’ordre de la sidération, et avec plein d’effets retard après.    
(Jacques Weber)

Ce que j’ai voulu raconter dans ce livre, c’est la question de l’intimité face au monde.    
(Jacques Weber)

Jacques Weber sera, à partir du 22 septembre, à l'affiche de "Crise de Nerfs, trois farces d'Anton Tchekhov au Théâtre de l'Atelier, sous la direction d'un fin connaisseur et admirateur de l'écrivain russe : Peter Stein. 

Le spectacle était initialement prévu avant le confinement. Mais hors de question de couper le lien avec son public pour cet homme de théâtre, malgré les circonstances : sur la chaîne Youtube du Théâtre de l'Atelier, Jacques Weber a tenu à entretenir une "grande conversation" avec son public, dans une série de huit épisodes intitulée "Cyrano confiné". L'occasion, pour lui, de revenir sur des passages marquants de l'oeuvre qui a changé sa vie, depuis cette mise en scène de Jérôme Savary jusqu'à son adaptation au Théâtre National de Nice en 2001, en passant, bien sûr, par le film de Jean-Pierre Rappeneau (1990), où il jouait, aux côtés du monstre Gérard Depardieu, le Comte de Guiche. Sans oublier le titre de son livre, Cyrano, ma vie dans la sienne, qui résume bien ce lien qui unit le personnage et l'homme de théâtre.

Quelque chose, dans mon inconscient, s’est accroché au personnage de Cyrano. [...] Ce personnage nous a tous bouleversés dans ce qu’il est.    
(Jacques Weber)

En cette rentrée, Jacques Weber n'a qu'un souhait : retrouver la scène, renouer avec son public. Il aime rappeler ces mots de Louis Jouvet : "Au théâtre on joue, au cinéma on a joué", comme pour nous inviter à redécouvrir la magie du théâtre.

Il faut se rappeler que le théâtre a toujours vécu dans les sociétés qu’il traversait.             
(Jacques Weber)

Extraits sonores :

  • Jérôme Savary, le 16/10/1983, sur France Inter
  • Gérard Depardieu, sur "Cyrano", au Journal de 13h, mars 1990
  • Angèle et Philippe Katerine, "Duo", album "Confessions", 2019

Bibliographie

Couverture du livre

Paris-BeyrouthJacques WeberLe cherche midi, 2020

Intervenants

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