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Jonathan Nossiter

Jonathan Nossiter, juste la fin du monde

26 min
À retrouver dans l'émission

Jonathan Nossiter, cinéaste et agriculteur qui se consacrait à la terre depuis son dernier film, "Résistances naturelles" (2014), adapte au cinéma le roman "Last Words" de Santiago Amigorena : un film sur le geste de transmission culturelle même au milieu de la fin du monde, en salle le 21 octobre.

Jonathan Nossiter
Jonathan Nossiter Crédits : Loic Venance - AFP

Jonathan Nossiter commence sa carrière de cinéaste américain indépendant dans les années 1990 et cultive par ailleurs une passion pour l'art du vin : sommelier,plusieurs de ses œuvres témoignent de son engagement politique en faveur d’une agriculture responsable. Lors de la sortie de son dernier film en 2014, Jonathan Nossiter était devenu agriculteur autour du lac volcanique de Bolsena, entre Florence et Rome, cultivant des légumes en permaculture et œuvrant à un « musée des semences anciennes » avec son associé Max Petrini. Pour lui, culture et agriculture vont de pair.

Devant la barbarie régnante, la transmission culturelle comme acte vital n’a jamais été aussi essentielle. La force de tout acte culturel est quelque chose qui nous donne de l’espoir. (Jonathan Nossiter)

Dès ses premiers films (Resident Alien en 1991, Sunday en 1997 et Signs and Wonders en 2000), le cinéaste évolue loin des standards hollywoodiens et porte un regard critique sur les Etats-Unis. En 2004, il réalise Mondovino, un documentaire militant et polémique sur le business vinicole mondialisé. Pour réaliser ce film, Jonathan Nossiter rend visite à des viticulteurs dans le monde entier, des grands vignobles de Napa Valley en Californie jusqu’aux petits domaines bourguignons, en passant par la Toscane ou l’Argentine et le Brésil. En 2011, alors qu'il vit au Brésil, il sort Rio sex Comedy. Son dernier film, Résistance naturelle, sortait en France en 2014. A nouveau, l’œuvre se bat pour une viticulture au service de l’homme et de la nature, face aux gros industriels qui dévorent les petits vignerons indépendants. Le film proposait une méditation sur l’agriculture et la culture.

Last Words, en salle le 21 octobre, est probablement son film le plus ambitieux. Ce récit post-apocalyptique est librement inspiré d’un livre de Santiago Amigorena et étrangement optimiste : même condamnés à la fin du monde, les humains cherchent la lumière par la culture et le film. Jonathan Nossiter propose un geste civilisateur face à la catastrophe. La Grande Table recevait déjà l'écrivain Santiago Amigorena lors du Festival du film américain de Deauville à la rentrée :

Pour Santiago Amigorena, la parole, le mot, restent des choses qui nous donnent de l’espoir, juste parce que qu'elles existent. Il a écrit une lettre d’amour à l’importance de la survie de la littérature. (Jonathan Nossiter)

Je maintiens de tout cœur que le film est joyeux, qu’il fête la vitalité de la culture et des plus petits gestes de la tendresse humaine. La force du film est dans le fait de dépasser les mots : c’est un film complètement utopique. Le geste le plus radical devant un cynisme médiatique et politique, c'est la sincérité. (Jonathan Nossiter)

Le film est un hommage à la forme du cinéma. Nous vivons une marginalisation brutale de la culture, qui n’a jamais été aussi menacée par l’extinction. Pasolini voyait déjà la façon dont le projet néolibéral détruit la culture. Je constate que partager le cinéma est un acte de résistance joyeux. Le film est pour moi un moyen d’accéder à la survie de l’être humain. (Jonathan Nossiter)

Last Words est une fiction aux accents prophétiques, qui se termine en Italie sur fond d’épidémie. Cette fable écologique sur ce qui reste de l’Europe en 2086 a été tournée avec Kalipha Touray, réfugié gambien de 16 ans ayant traversé une expérience proche de celle de la fin du monde, mais aussi de grands noms comme Nick Nolte, Charlotte Rampling, Alba Rohrwacher, et Stellan Skarsgard, au sud de Naples. Le film explore la relation entre la culture et l'agriculture aux derniers instants de l'humanité. Le cinéma et la culture de la terre apparaissent comme les derniers moyens de faire communauté et de retrouver du sens pour ces derniers hommes.

Extraits sonores

Bibliographie

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