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Kiki Smith à la Monnaie de Paris, le 17 octobre 2019

Kiki Smith, la femme-louve

27 min
À retrouver dans l'émission

De l'animalité au cosmos, l'artiste Kiki Smith revient sur quarante ans de création, à l'occasion de l'exposition que lui consacre la Monnaie de Paris (du 19 octobre au 9 février 2020).

Kiki Smith à la Monnaie de Paris, le 17 octobre 2019
Kiki Smith à la Monnaie de Paris, le 17 octobre 2019 Crédits : Chesnot / Contributeur - Getty

Kiki Smith se compare à une dilettante, à une petite abeille. La comparaison est étonnante pour une artiste qui travaille les matières comme les motifs, depuis ses premières expositions dans le milieu underground new-yorkais, au début des années 80. L'exposition que lui consacre la Monnaie de Paris n'est pas organisée comme une rétrospective, mais aspire plutôt à mettre en dialogue les pistes qu'explore l'artiste née en 1954. Ainsi, les premières années de sa création ont-elles été consacrées à l'intérieur des corps, à la représentation des organes et des fluides. Au cours des dernières années, l'artiste se tourne vers la tapisserie ou encore les cyanotypes, déployant un impressionnant éventail de techniques. Ses oeuvres les plus récentes intègrent des éléments du cosmos, entrecroisant comètes et spirales.

En tant qu'humain on arrive a comprendre l'autre, à s'identifier à l'autre, quel que soit le sexe. On n'est pas des abstractions.        
(Kiki Smith)

Présente à la FIAC au même moment, Kiki rappelle la dimension essentiellement physique de sa création. C'est "poussée par l'urgence" que l'artiste adit avoir toujours créé. Par-delà son travail sur l'anatomie, elle s'est beaucoup intéressée à l'iconographie chrétienne, ainsi qu'à celle des contes. Elle raconte également de quelle façon l'artisanat imprègne sa pratique artistique, qui abolit les frontières entre les arts décoratifs et les arts industriels, entre le bois et le bronze. 

En un sens, on a envie d'être dévorés par la nature, de manière à être enfin libérés de notre ego, de notre individualité. On se demande toujours comment s'échapper, parce qu'à force d'essayer de s'identifier sans cesse, c'est épuisant.      
(Kiki Smith)

L'exposition de Kiki Smith comprend enfin une vaste réflexion sur l'animalité. Les loups qui jalonnent ses créations, aux côtés d'ours, de serpents ou encore de lions, incarnent une forme de vivant qui coexiste harmonieusement avec les figures féminines que Kiki Smith met en scène.

[Au début,] je ne voulais pas toucher à tout ce qui relevait du genre, de l'âge, du portrait, ça ne m'intéressait  pas. Puis, presque par accident, en abordant d'abord la peau, dès qu'on touche à la peau, on entre dans la figuration, l'histoire de la figuration, profane ou religieuse, toute cette statuaire. [...] Je voulais partir de ma vie, de mon expérience. Il y avait très peu de variations dans la façon dont les femmes, ou les filles, étaient représentées.          
(Kiki Smith)

Merci à Eve Dayre pour la traduction. 

Extraits sonores : 

  • Annette Messager : "Je crois en l'art" (Vidéo du Centre Pompidou à l'occasion de l'exposition "Elles")
  • "Otte", chanté par Louise Bourgeois (texte de Brigitte Cornand, musique de Ramuntcho Matta)
Intervenants
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