LE DIRECT
Visuel La cage aux cons - Delcourt

La cage aux cons de Matthieu Angotti

26 min
À retrouver dans l'émission

Entrée dans l’humour féroce et l’univers noir de "La Cage aux cons", bande dessinée adaptée du roman "Le Jardin du bossu" de Franz Barthelt. Rendez-vous avec Matthieu Angotti, qui l'a scénarisée avec Robin Recht.

Visuel La cage aux cons - Delcourt
Visuel La cage aux cons - Delcourt Crédits : Editeur

Mis à la porte par son grand amour, Karine, notre homme met la main sur le pigeon idéal, un " con " plein aux as. Le plumer et ramener quelques patates à sa Karine, un plan tout ce qu'il y a de plus banal. Jusqu'au moment où le con s'avère moins con que prévu et le plumeur se fait plumer ... On est toujours le "con" de quelqu'un semble dire la La Cage aux cons, deuxième BD de Matthieu Angotti et Robin Recht, l'un à l'écriture, l'autre au feutre noir. Adaptation du roman à succès " Le jardin du bossu " de l'écrivain Franz Bartelt, cette oeuvre relève le défi d'en préserver le rythme tout en donnant un corps à cet anti-héros attachant.  

Ce con, c'est quelqu'un qui nous représente un peu tous, dans nos contradictions. Il a ce côté très français, à la fois méfiant à l'égard des élites et un peu fasciné par la société de consommation. Il a aussi ce côté solidaire envers les petites gens dont il fait partie, mais, en même temps, il n'a pas envie d'être considéré comme pauvre ou déclassé. Il se bagarre dans ses contradictions (Matthieu Angotti). 

Il y a presque une forme de lutte des classes entre les deux personnages, avec des chausses-trappes partout : celui qui est riche ne l'est plus vraiment et le pauvre se bagarre pour être riche. Mais au fond, le bon sens terrien du personnage, c'est sa force qu'il conserve dans tout le livre. Ce trait du personnage est hérité du roman de Bartelt, on a tenu à garder cette matière sociale du roman. (Matthieu Angotti)

Récit plein d'humour détournant les codes du genre de la série noir, cette " Cage aux cons " décline la figure archétypale du con en autant de nuances de gris. Du ciel lourd et pesant d'une banlieue meulière à la cave pleine d'ossements d'un con moins roublard qu'il en a l'air. Sous la plume en noir et blanc de ce duo de bédéastes, l'archétype du con est un truand à la petite semaine, poète le dimanche et les jours fériés, humaniste aux "idées de gauche". Embarqué dans une machination digne d'un roman noir à la Dashiell Hammett, il s'adapte, fait le "cougar " en attendant le moment opportun, jusqu'au coup de théâtre.

La BD replonge les lecteurs dans les années 1980-1990, quand la télé était toute puissante. (...) Elle incarne aussi toute la société de consommation que le personnage cherche finalement à rejeter. C'est un côté rétro, presque une mise en abîme de ce qu'on est devenus. (Matthieu Angotti) 

Une bonne illusion vaudrait-elle mieux qu'une vérité? C'est ce que semble nous suggérer Matthieu Angotti dans ce dernier opus, lui qui déjà en 2017 signait une BD explosive, Désintégration,tirée de son expérience à Matignon : explosion en vol d'un homme et d'une idée, où comment nos idéaux vacillent au contact de la mécanique du pouvoir. 

Extraits sonores : 

  • Archive Ina, Portrait de Jean-Patrick Manchette le 19 octobre 1983, à l'occasion du "Festival du polar" de Reims
  • Matthieu Chedid (M), "Grand petit con", Lettre infinie sortie le 25 janvier 2019

Bibliographie

Visuel - La cage aux cons - Delcourt éditions

La cage aux consDelcourt, 2020

Intervenants
  • directeur du Centre communal d’action sociale de la Ville de Grenoble et scénariste
À venir dans ... secondes ...par......