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Cédric Kahn, le 6 juin 2019 à Madrid (Espagne)

Cédric Kahn, un cinéma familial

27 min
À retrouver dans l'émission

Il reprend le genre du film de famille pour ausculter les rapports familiaux avec humour et tendresse : Cédric Kahn vient nous parler de son dernier film, "Fête de famille", en salle le 4 septembre.

Cédric Kahn, le 6 juin 2019 à Madrid (Espagne)
Cédric Kahn, le 6 juin 2019 à Madrid (Espagne) Crédits : David Benito / Contributeur - Getty

Le jour de son anniversaire, Andréa (Catherine Deneuve), mère et grand-mère, ne sait pas encore que l’arrivée « surprise » de sa fille aînée, Claire, disparue depuis trois ans, va bouleverser le programme et déclencher une tempête familiale... Un repas d’anniversaire pensé sur le mode de la bombe à retardement.

Après La prière (2018), Cédric Kahn, réalisateur et comédien, revient avec Fête de famille, qui tient à la fois de la comédie de groupe et du drame, de l’autoportrait ou de la satire sociale. Très théâtral, il nous donne à voir une famille dont les éclats de joie ont tendance à se transformer brusquement en éclats de voix, aux rapports souvent très durs mais très inventifs à leur manière, débordant de vie et d’envies.  

Je crois qu'il est plus facile de parler d’argent que de parler de sentiments…Je suis convaincu que les problèmes d’argent sont de faux problèmes. Ça cache des problèmes de reconnaissance, de place et de manque d’affection.                    
(Cédric Kahn)

D’abord censé s’intituler "Joyeux anniversaire", ce onzième long-métrage s’attaque au film de famille, un genre cinématographique à part entière, de Ingmar Bergman (Fanny et Alexandre, 1982 ; Cris et chuchotements, 1972) à Maurice Pialat (A nos amours, 1983) en passant par  Affreux, sales et méchants d’Ettore Scola (1976), Un air de famille de Cédric Klapisch (1996), Festen de Thomas Vinterberg (1998), et, plus récemment, Un conte de Noël d’Arnaud Desplechin (2008) ou L’heure d’été d’Olivier Assayas (2008). 

Pour ce réalisateur habitué à filmer des trajectoires individuelles, c’est aussi un premier grand film de groupe, la famille, ses haines et ses non-dits étant à l’honneur. Si on trouve bien un personnage marginal en la personne de Claire (Emmanuelle Bercot), elle semble prolonger une thématique courante dans le cinéma de Cédric Kahn, à savoir la folie, déjà traitée sous plusieurs formes (la paranoïa dans Feux rouges, la nymphomanie dans L’Ennui), …) et dont on peut se demander si elle ne caractérise pas aussi la famille toute entière.

Je trouve que la création n’est pas l'endroit des règlements de compte, mais une façon de rendre hommage, de réhabiliter. Je voulais réhabiliter la place du fou, du marginal, dans une famille.                    
(Cédric Kahn)

Pour Fête de famille, Cédric Kahn s’est entouré d’acteurs de toutes les générations, de Catherine Deneuve, à Vincent Macaigne, en passant par Emmanuelle Bercot et par lui-même, sans parler des enfants. A noter que le personnage du mari de Catherine Deneuve est joué par Alain Arthur, qui tenait déjà un rôle dans Sous le soleil de Satan de Maurice Pialat.

C’était très écrit, comme une partition, avec une espèce de crescendo; le défi est qu’on ne sente pas cette écriture à l’image, que tout ait l’air très spontané, organique. C’est  vraiment la grâce des acteurs qui permet de rendre vivante une chose extrêmement écrite.                  
(Cédric Kahn)

Extraits sonores : 

  • Fête de famille de Cédric Kahn (2019)
  • John Cassavetes à propos de la folie dans Une femme sous influence (1974) (Mardis du cinéma / France Culture / 12/11/1985)
  • Thomas Vinterberg à propos de Festen (Hors champs  / France Culture / 13/11/2012)
  • Un air de famille de Cédric Klapisch (1996) 
  • Un conte de Noël d’Arnaud Desplechin (2008) 

Bibliographie

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