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Dominique Barbéris

Dominique Barbéris, banlieue mélancolie

27 min
À retrouver dans l'émission

Dominique Barbéris dans son dernier roman "Un dimanche à Ville-d'Avray" (Arléa, 2019) explore les enfances rêveuses et la mélancolie de certains dimanches.

Dominique Barbéris
Dominique Barbéris Crédits : Anne Bourguignon

Pour l'écrivaine Dominique Barbéris, le dimanche dans son attente inquiète nous rapproche de ce que Proust nommait "le temps à l'état pur". Dans son dernier roman, Un dimanche à Ville-d'Avray (Arléa, 2019), elle met en scène deux sœurs. L'une est parisienne, c'est la narratrice. L'autre vit à Ville-d'Avray, dans une atmosphère de mélancolie mâtinée de calme pesanteur. La bourgade est-elle réellement propice aux vies rangées, d'apparence lisse et immuable ? C'est ce que croyait notre protagoniste, avant ce dimanche soir où sa sœur, Claire Marie, lui fait le récit d'une aventure révolue, qui n'a jamais eu lieu et se poursuivra toujours dans l'imaginaire de la moderne Emma Bovary. 

Explorant la poésie des noms de lieux, Dominique Barbéris en montre le potentiel romanesque : du Bois de Fausses-Reposes au Parc de Saint-Cloud, en passant par les étangs de Corot, les toponymes reflètent le désir sans visage de la protagoniste. Qu'attend-elle ? Un amour irréalisé, nourri de la fascination enfantine pour le Rochester de Charlotte Brontë. Dans l'espérance d'une aventure, l'auteure donne à ses héroïnes l'épaisseur des personnages flaubertiens, rappelant son avant-dernier roman L'Année de l'Education sentimentale (Gallimard, 2017).

Je crois qu'on porte les lieux avec soi. [...] Les lieux nous posent une question qui est en fait celle du monde, celle que nous avons en face de nous, dans le monde. Quand elle va voir sa sœur, la narratrice revient toute chargée de ce lieu [...], et puis de la confidence dont l'a lestée sa sœur, qu'elle est la seule à pouvoir comprendre.        
(Dominique Barbéris)

Le temps de l'ennui est un temps riche, parce qu'il nous rapproche des questions essentielles. [...] L'ennui ouvre au jeu.          
(Dominique Barbéris)

Plus que la récurrence d'un motif, une climat commun unit le dixième roman de Dominique Barbéris au film de Serge Bourguignon, Cybèle ou les Dimanches de Ville-d'Avray. On y voyait un homme nouer une relation ambigüe avec une fillette, passant pour son père tandis que les rumeurs médisantes s'accumulent. Autres fillettes, celles qu'ont été les deux sœurs au centre du roman. Au cours de leur enfance bruxelloise, elles rêvent à des héros de papier, rejouent le mariage de Jane Eyre, ou encore se font morigéner par leur mère en raison de leur penchant contemplatif. L'écrivaine compare, en filigrane, l'enfance de notre temps à celle du passé (la sienne), qui faisait la part belle selon elle au rêve et à l'imagination.

Le romanesque, c'est un mot quand on se penche sur lui, il est très difficile à cerner. Il est difficile de donner une définition du romanesque.  [...] Le romanesque est presque inscrit en nous. Femmes  et hommes, nous attendons tous quelque chose, qui viendra nous tirer de cet inquiétant face-à-face avec le monde.        
(Dominique Barbéris)

Extraits sonores : 

  • Marguerite Duras, "C'est un grand privilège d'écrire" (1968)
  • Extrait de Cybèle ou les Dimanches de Ville-d'Avray (réalisé par Serge Bourguignon, 1962)
  • "Panorama", Vincent Delerm (2019)
Intervenants
  • Romancière, auteure d'études littéraires et enseignante, spécialiste en stylistique
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