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"La Vie invisible d'Euridice Gusmão" (Karim Aïnouz, 2019)

La grande fresque féministe de Karim Aïnouz

28 min
À retrouver dans l'émission

Un film sur la condition féminine et le machisme dans le Brésil des années 1950... C'est "La vie invisible d’Euridice Gusmão", en salle le 11 décembre.

"La Vie invisible d'Euridice Gusmão" (Karim Aïnouz, 2019)
"La Vie invisible d'Euridice Gusmão" (Karim Aïnouz, 2019) Crédits : ARP Distribution

Une réflexion sur le poids des traditions, sur l’autorité masculine et sur la difficile émancipation des femmes… La vie invisible d’Euridice Gusmão de Karim Aïnouz, cinéaste brésilien, sort en salle le 11 décembre.

Pour en parler aujourd’hui, Anaïs Fléchet, historienne enseignant à l'Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. Elle a fait partie du jury professionnel qui décernait son prix au film de Karim Aïnouz au dernier Festival international du film d'histoire de Pessac le 25 novembre dernier et co-dirige un ouvrage collectif, Histoire culturelle du Brésil (XIXe – XXIe siècles) (Editions de institut des Hautes études de l’Amérique Latine, 2019). A ses côtés, Gabriela Trujillo, spécialiste des avant-gardes latino-américaines et européennes. Elle travaille à l'action culturelle de la Cinémathèque française.

Né en 1966, s’inscrivant dans la lignée du “nouveau cinéma brésilien” social et militant, Karim Aïnouz est un "cinéaste des invisibles" habitué des portraits de personnages à la marge (Madame Sata, Un certain regard en 2002), de femmes délaissées (Violeta dans La falaise argentée), des portraits sensibles sur les hommes (La plage du désir). 

Il y a en effet toute la question de la famille réinventée, de ces communautés qui se créent et qui sont inavouables car elles traînent avec des prostituées, des personnages en marge…              
(Gabriela Trujillo)

Avec La vie invisible d’Euridice Gusmão, il livre une fresque sociale et féministe, un "somptueux mélodrame sur la sororité" (Gabriela Trujillo), loin des clichés habituels sur le Brésil, et peint une galerie de portraits de femmes dominées par les hommes et l’ordre social. L’histoire se centre sur une famille dont chacune des deux soeurs, à sa manière plus ou moins malheureuse, tente de réaliser un rêve : devenir pianiste et rejoindre le conservatoire de Vienne pour la brillante Euridice, échapper à sa famille et vivre le grand amour avec Yorgos, le marin grec, pour Guida.

Dans cette décennie qui fait avancer le pays vers une forme de modernité, on a encore une forme de tradition […] [Karim Aïnouz filme] ce décalage entre un moment de modernisation et une famille qui reste sous l’emprise de ce père.              
(Anaïs Fléchet)

[Eurydice] doit taire son talent pour la musique, mais aussi cesser d'exister, faire en sorte qu’aucun homme ne la voit.              
(Gabriela Trujillo)

Influencé par la tradition très prégnante au brésil des telenovelas, nous livrant ici ce qu'il nomme un "mélodrame tropical" et lui-même élevé par des femmes – sa mère, sa grand-mère et ses cinq soeurs,- Karim Aïnouz avait profité du Festival de Cannes pour rappeler les chiffres inquiétants du nombre de femmes assassinées chaque jour au Brésil.

On a dans ce film beaucoup de rapports sexuels, mais aucun n’est abouti : la dimension du plaisir féminin en est absente.          
(Anaïs Fléchet)

A noter que le film sera projeté en avant première au Majestic Bastille (Paris 11ème) ce mardi 3 décembre à 20h dans le cadre d'une soirée organisée par France Culture. La séance sera suivie d'un débat avec la productrice Dominique Welinski animé par Antoine Guillot.

Extraits sonores : 

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