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"Oncle Vania" mis en scène par Stéphane Braunschweig, Théâtre de l'Odéon

Stéphane Braunschweig, l'appel de la forêt

27 min
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Quel éclairage apporte Tchekhov sur la destruction de la nature par l'homme ? Stéphane Braunschweig, metteur en scène et directeur de L’Odéon –Théâtre de l’Europe, y répond dans sa mise en scène d’"Oncle Vania" d’Anton Tchekhov (du 16 au 26 janvier 2020).

"Oncle Vania" mis en scène par Stéphane Braunschweig, Théâtre de l'Odéon
"Oncle Vania" mis en scène par Stéphane Braunschweig, Théâtre de l'Odéon

Oncle Vania (sous-titrée "Scènes de la vie de campagne"), créé au Théâtre des Nations de Moscou le 15 septembre 2019, sera joué au Théâtre de l’Odéon du 16 au 26 janvier 2020 dans la mise en scène de son directeur Stéphane Braunschweig. C’est la quatrième pièce de Tchekhov qu’il monte, cette fois-ci avec des acteurs russes. Avec nous, il affirme que "le quotidien est le sens même du théâtre".

A chaque nouvelle lecture, on est sensible à des choses différentes, et cela dépend du contexte, de l’époque. Il y a tout ce discours d’Astrov sur la destruction de la planète qui, jusqu’alors, passait inaperçu …Tchekhov lui-même est extrêmement attentif à cette dégradation des campagnes russes et, ce qui est intéressant, c’est qu’il le met tout de suite en relation avec la destructivité de l’homme.          
(Stéphane Braunschweig)

L’histoire de Vania est l’histoire d’un homme qui perd ses idéaux, ses croyances, ce qui était son moteur de vie. Et il ne le supporte pas. Il détruit les relations autour de lui. Et, chez Tchekhov, les destructions d’ordres psychologiques sont aussi importantes que les destructions écologiques.          
(Stéphane Braunschweig)

Dans la pièce la plus sombre du dramaturge et nouvelliste, publiée en 1897, le metteur en scène a notamment mis en avant la dimension écologique. La Russie de la fin du XIXe est en effet en proie à une peur eschatologique liée à l’anéantissement de la nature par l’homme. En ce sens, Tchekhov fait figure de visionnaire, distillant une inquiétude mêlée à l’angoisse métaphysique qui travaille toujours ses personnages. Celui d’Astrov, double de l’auteur – et peut-être du metteur en scène – incarne l’oscillation entre la tentation d’un espoir et le plus profond désarroi. 

Les acteurs russes sont dans cette tradition très stanislavskienne du jeu, ils ont besoin de savoir énormément de choses sur leur personnage ; moi, je pars plutôt des relations, des situations. Pour moi, ce sont les situations qui déterminent les personnages et pas les personnages qui déterminent la situation.          
(Stéphane Braunschweig)

Je suis quelqu’un de très attentif au texte mais je ne glorifie pas la langue. Je crois que c’est le sens et le concret qui donnent la force à la langue et pas le contraire.          
(Stéphane Braunschweig)

Extraits sonores : 

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