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Le Jeu des Ombres - Jean Bellorini - Création Semaine d'Art Avignon 2020

Valère Novarina et Jean Bellorini se jouent des Ombres

26 min
À retrouver dans l'émission

Ouvrant la Semaine d’Art en Avignon, « Le Jeu des Ombres » explore le mythe d’Orphée, sa langue poétique et musicale. Refaisons le voyage en compagnie du dramaturge Valère Novarina et du metteur en scène Jean Bellorini.

Le Jeu des Ombres - Jean Bellorini - Création Semaine d'Art Avignon 2020
Le Jeu des Ombres - Jean Bellorini - Création Semaine d'Art Avignon 2020 Crédits : Christophe Raynaud de Lage

Méditation autour du mythe d'Orphée, Le Jeu des Ombres explore la lisière entre le monde des vivants et celui des morts. Le spectacle devait ouvrir le Festival d'Avignon : initialement pensé pour l'espace de la Cour d'Honneur du Palais des Papes, ses créateurs en ont adapté la représentation permettant sa captation puis sa diffusion télévisuelle en juillet 2020. Le spectacle aujourd'hui présenté à La Fabrica lors de la " Semaine d'Art en Avignon " du 23 au 30 octobre porte l'histoire de ce travail inédit sur l'espace et la scène. Dès novembre, "Le Jeu des Ombres" sera en tournée à travers toute la France (aux théâtres de Sceaux, Angers, Aix-en-Provence, Marseille, Antibes, Villeurbanne, etc...)  jusqu'en mai 2021. 

Rencontre avec le dramaturge Valère Novarina qui en a signé le texte, en dialogue avec son metteur en scène Jean Bellorini, par ailleurs directeur du Théâtre National Populaire (TNP). 

Texte commandé par son metteur en scène Jean Bellorini, Le Jeu des Ombres est le fruit d'une collaboration aux codes " tacites " avec son auteur Valère Novarina, entré en 2006 au répertoire de la Comédie Française pour la création de " L'espace furieux ". Ensemble, ils partagent l'amour du rythme, de la musicalité de la langue, et, au-delà, de la musique elle-même, le spectacle ayant été pensé pour, -et avec- l'Orpheo de Monteverdi. 

Le Jeu des Ombres, c’est un voyage à travers la langue et la musique. La musique pense le monde, soigne, apaise. J’aime l’idée que l’on puisse écouter la langue de Novarina comme une sonate.    
(Jean Bellorini). 

Avec Monteverdi, c’est la musique naturelle du texte qui apparaît. Elle n’est pas plaquée sur le texte, c’est la musique sous le texte. La musique est peut être plus proche de l’animalité que de "l’hominitude." L’ombre de la musique n’est peut être pas après mais avant; la musique ouvre l’espace où se joue la pensée.    
(Valère Novarina)  

Joueur de lyre acculé aux enfers pour sauver sa fiancée Eurydice, Orphée incarne la quête d'un absolu qui n'a cessé de hanter les artistes... poètes, musiciens, peintres, cinéastes, dramaturges, ont fait leur la voix d'Orphée. Avec "Le Jeu des Ombres", le voyage d'un vivant parmi les morts trouve une nouvelle expression singulière. 

Pourquoi Orphée se retourne ? Pourquoi, quand il descend aux enfers, il ne peut s'en empêcher et la perd à jamais? Cette question du désir et de l’éternité a à voir avec la question du théâtre, de l’existence, de la trace laissée; (...) c'est peut-être lié à ce que l'on vit aujourd'hui, l'envie de vivre plus fort. Orphée se retourne car il aime passionnément, plus que pour se préserver.    
(Jean Bellorini) 

Le Jeu des Ombres - Semaine d'Art en Avignon, 2020
Le Jeu des Ombres - Semaine d'Art en Avignon, 2020 Crédits : Christophe Raynaud de Lage

Au-delà de Monteverdi, c'est la dimension poétique et musicale du langage que Valère Novarina met en texte. La " version théâtrale du livre " qu'en a créé Jean Bellorini donne corps et espace à la langue de Novarina, marquée par profusion du verbe, la jouissance des mots.

C’est une pièce polyphonique, sur l’ouverture de la parole et la nécessité aujourd’hui de ne pas réduire la parole à un acte de communication, que les mots puissent se réinventer et avoir différentes interprétations et laisser au spectateur une interprétation libre.    
(Jean Bellorini) 

J’aime beaucoup l’idée de polyphonie. J’aime l’idée de purification des choses. Aujourd’hui, l’enfer de la communication se développe, une communication mécanique. Le langage se mécanise autour de nous, il perd des couleurs, des consonnes, des rythmes. C’est un dépérissement des langues du monde, de leur simplification, on perd la chair du langage... (…) Au contraire, la pensée du texte, c’est ouvrir l’espace.    
(Valère Novarina) 

Extraits sonores: 

  • Extraits du Spectacle Le Jeu des Ombres
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