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Vieilles bobines de films

Sauvons les bobines !

1h14
À retrouver dans l'émission

A l'occasion de la sortie en salles de son documentaire "Dawson City. Le temps suspendu" nous recevons le cinéaste Bill Morrisson, pour parler de cinéma et de la conservation de ses bobines. Dans un second temps, le cinéaste Claudio Pazienza, s'interrogera sur le rôle mémoriel du cinéma.

Vieilles bobines de films
Vieilles bobines de films Crédits : Getty

En 1978, lors de travaux, dans la ville canadienne de Dawson, on a vu des pelleteuses déterrer des bobines de films, conservées dans la terre gelée. Ces archives, le réalisateur Bill Morrison a su les recomposer, complétant ainsi le récit des chercheurs d’or, le rendant au cinéma, dans un film intitulé Dawson City. Le temps suspendu qui sort demain en salles. 

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Ce qui m'avait intéressé dans le projet dès le départ, c''est une espèce d'esthétique à laquelle je suis attaché personnellement. En l'occurrence, il y avait des histoires particulièrement remarquables qu'on découvrait à travers ces films, et je savais qu'il y avait suffisamment de matériau, en plus de l'aspect historique du film, pour pouvoir faire quelque chose. Quelquefois, ce qui m'intéresse, c'est l'état de dégradation de ces bobines, mais parfois, ce qui va me marquer c'est le contenu, le fond, par exemple l'actualité, mais également les histoires dans les œuvres de fiction, ces histoires disparues dans la terre et que plus personne ne pouvait voir. 

Bill Morrisson

Il y a eu d'autres projets, où je me suis intéressé à ces bobines de nitrate, ou le nitrate se dégrade, et par conséquent les images. Il vaut se rendre compte que l'autodestruction de ces bobines est assez lente, c'est un phénomène d'oxydation, mais par contre, s'il y a une flamme, il y a une auto-combustion immédiate, et là,  il n'y a pas de quartier, tout disparaît instantanément.

Bill Morrisson

Ce qui m'a beaucoup intéressé, c'est de voir que la technique du cinéma a évolué au cours du siècle. Au départ, on a des photographies de la région, des négatifs, sur verre à l'époque, puis vous avez les premiers films de l'époque Edisson. Les pellicules recouvertes de nitrate découvertes à Dawson, était notamment composées de films amateurs des années 30-40, tournés en seize millimètres. Mais dans le cinéma, Il y avait aussi des films en 35 millimètres qui venaient des grands studios, puis il y a eu la VHS, jusqu'au numérique aujourd'hui. Et donc dans mon projet, je fais une sorte de parcours de toutes les technologies qui se sont fait jour au cours du siècle.  

Bill Morrisson

Sur la route du nitrate, nous recevons également un autre sauveur de bobines, Claudio Pazienza auteur du documentaire Archipels nitrate, composé d'images exhumées de la Cinémathèque royale de Belgique

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On ne comprend jamais pourquoi une image s'incruste, pourquoi, on retient certains détails de certains films. C'est toujours un dialogue intime avec des objets, et inévitablement, cela sollicite des dimensions qui ne sont pas prévisibles. J'ai refait cette expérience avec ce film, et je me suis penché, un peu comme Bill Morrisson, sur la question du temps, de la technique, du nitrate qui disparaît, sur la relation à la mort et mémoire d'une certaine façon. 

Claudio Pazienza

Ma relation aux images est différente de celle de Bill Morrisson. Dans mon film, il n'y aucune relation au présent, les images apparaissent comme des éclats, et je dialogue avec ces images : cela crée une toute autre relation au temps. Cela crée des poches, des volutes, c'est une autre façon de travailler avec l'archive, de la mettre un peu au travail, de rentrer en tension, et de créer autre chose. 

Claudio Pazienza

On peut dire que le cinéma, c'est la mort à l'œuvre, ça l'est, bien entendu, mais dans le film, il y a aussi une fascination pour un art funèbre, et cette fascination se traduit aussi par des formes, des disparitions, des images qui frisent l'abstraction. On est face à cette menace constante, où l'image est grignotée par le blanc et disparaît sous nos yeux : c'est la relation au temps et à la mort. Pour moi, s'il y a un intérêt à dialoguer avec les morts, c'est pour mieux parler des vivants. 

Claudio Pazienza

Archive

Jean-Luc Godard, émission "La Grande Table", France Culture, 2019

Extraits

Dawson City. Le temps suspendu de Bill Morrison, 2020

Archipels Nitrate de Claudio Pazienza, 2009

Musique

BO Dawson City, d’Alex Somers

Traduction de l'entretien avec Bill Morrisson : Robert Wolfenstein

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