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Pedro Gil et Jolente De Keersmaeker dans "The way she dies"

Les derniers mots d'Anna Karenine

27 min
À retrouver dans l'émission

Tiago Rodrigues, auteur et metteur en scène, et Frank Vercruyssen, membre de la compagnie flamande tg STAN, à l’affiche de "The way she dies" au Théâtre de la Bastille (du 11 septembre au 6 octobre)

Pedro Gil et Jolente De Keersmaeker dans "The way she dies"
Pedro Gil et Jolente De Keersmaeker dans "The way she dies" Crédits : Filipe Ferreira

_The ways she dies_n'est pas une adaptation d'Anna Karénine mais l'histoire de deux couples qui se déchirent et dont les destins se mêlent de diverses façons à l'histoire du personnage de Tolstoï. Ce dialogue entre une oeuvre classique et une fiction contemporaine est le fruit de dialogues entre les comédiens du tg Stan  (Dont Frank Vercruyssen est un des membres fondateurs) et le metteur en scène. Ces discussion se font indépendamment de toute hiérarchie et sont animées par un amour du théâtre et un même goût des grands textes.

Il y une dose de mystère chez les héroïnes tragiques comme Emma Bovary et Anna Karénine. C’est quelque chose qui m’anime, je préfère me plonger sur ce que je ne comprends pas. Les grands personnages nous mènent à revenir sans cesse sur leurs histoires et à avoir le goût du détail.                
Tiago Rodrigues

On a inventé cette pièce collectivement. Je ne peux pas et je ne veux pas les diriger, les comédiens. Ce n’est pas comme ça que je conçois le métier de metteur en scène. J'écris, je suggère des choses, je peux donner mon avis et on discute. Je suis intéressé par les rencontres. Il est important d'avoir des conditions de conversation où les acteurs peuvent se sentir libres.                
(Tiago Rodrigues)

"Je veux croire en un monde où on peut encore mourir par amour" dit Tiago Rodrigues qui est fasciné par les questions sans fin que soulèvent les personnages comme Antigone où Emma Bovary, dont le procès faisait l'objet d'un de ses précédents spectacles. Cette mise en scène est aussi l'occasion d'une réflexion sur la traduction, les différents sens et les différents sons qu'une grande oeuvre prend d'une culture et d'une langue à l'autre. Tiago Rodrigues nous montre qu'Anna Karénine a autant de façons de mourir que de langues pour dire sa mort, de comédiens pour l'interpréter, et de spectateurs pour la regarder

Les discussions animées c’est notre façon de travailler. Il y a aussi une règle chez nous qui nous interdit, même si on peut en parler, de dire à l’autre comment il doit jouer. Ça appartient à chacun. Après on discute du collectif. L’absence de hiérarchie n’est pas anecdotique, ce n’est pas une épice, ce n’est pas hipster. Quand je joue, je suis en tout humilité et à l’écoute. C’est essentiel.                
Frank Vercruyssen

Des personnages qui sont l’invention d’un auteur peuvent devenir des personnages très importants pour nous, parfois plus que les gens qui vivent autour de nous. Pour moi Anna Karénine est très vivante. Je ne peux pas vivre sans ces gens là.                
Frank Vercruyssen

Extraits sonores :

  • Extrait de Frank Vercruyssen dans le spectacle "The way she dies".
  • George Steiner évoque la longueur des romans dans "A la vitrine du libraire" (05/10/1963)
  • Krzysztof Warlikowski évoque Tolstoï dans "La grande table" (12/04/2019)
Intervenants
  • Auteur et metteur en scène, directeur du Théâtre National Dona Maria II à Lisbonne
  • metteur en scène, fondateur de la compagnie Tg Stan
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