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Laurent Grasso entouré de ses sculptures en 2020

Laurent Grasso, par-delà Nature et Culture

27 min
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L'artiste plasticien Laurent Grasso aime à jouer de l'artificialité. C'est ce plaisir de dérouter le spectateur en modifiant des phénomènes naturels qu'il utilise dans "ARTIFICIALIS", son film visible au Musée d'Orsay dans le cadre de l'exposition "Les origines du monde" jusqu'au 18 juillet.

Laurent Grasso entouré de ses sculptures en 2020
Laurent Grasso entouré de ses sculptures en 2020 Crédits : Claire Dorn-Courtesy Perrotin

De sa série de fleurs du futur, peintes dans un style d'herbier du XVIIIe siècle mais ayant subi des mutations, dans "Future Herbarium", à celle amorcée en 2009, "Studies into the past" au style et à la facture inspirés des peintres flamands et italiens des XVe et XVIe siècles mais intégrant des éléments étrangers et troublants, Laurent Grasso aime à jouer de l'artificialité, à brouiller la frontière entre le vrai et faux. 

Ce qui m'intéresse, c'est que l'objet que je présente se charge de quelque chose et laisse la place au spectateur et la possibilité d'y projeter quelque chose. (Laurent Grasso)

Pour cela, il s'aide de machines, de technologies capables de voir plus loin que nous dans le vivant, tels les scanners LIDAR ou les caméras hyperspectrales, mais aussi, ponctuellement, d'effets spéciaux. Il génère des images troubles et ambiguës qui brouillent les notions de réel, de nature et d’artifice. Montrant des sites où la nature a muté suite à des catastrophes,  des régions polaires en pleine redéfinition comme dans "ARTIFICIALIS", ou bien des soleils doubles annonçant une catastrophe à venir comme dans "Soleil Double" et "Soleil Noir", l’artiste donne à voir un monde post-Anthropocène où l’environnement a été transformé par l’être humain. Un monde où nos perceptions sont trompeuses, mais toujours changeantes, un monde à l'image de nos croyances. 

La notion de futur implique celle de projection, implique de pouvoir formaliser de nouvelles représentations avec de nouveaux outils. J'avais ce projet de pouvoir faire évoluer les paysages à l'aide d'une intelligence artificielle pour représenter les paysages du futur. (Laurent Grasso)

Un extrait du film de Laurent Grasso, "ARTIFICIALIS" donnant à voir une banquise hypnotique et hallucinée (2020 Film HR, 27’33’’)
Un extrait du film de Laurent Grasso, "ARTIFICIALIS" donnant à voir une banquise hypnotique et hallucinée (2020 Film HR, 27’33’’) Crédits : © Laurent Grasso / ADAGP, Paris 2021-Courtesy Perrotin

Le film qui fait partie de l'exposition "Les origines du monde. L'invention de la nature au XIXe siècle", visible jusqu'au 18 juillet au Musée d'Orsay, permet d'apporter un éclairage contemporain sur le questionnement soulevé par l'exposition : celui du rapport des artistes à la nature, et de l'importance de la théorie de l'évolution dans la construction de ce rapport. 

La nature n'est pas extérieure à l'être humain, on a compris qu'on s'imbrique avec notre environnement. (Laurent Grasso)

Extraits sonores

  • Warren Ellis, extrait du making-of d'ARTIFICIALIS (Studio Laurent Grasso, Musée d'Orsay, Caméra Lucida, 2021)
  • "Going Down South", The Black Keys, extrait de l'album Delta Kream (Nonesuch Records, 2021)
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