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Marthe Keller en 2018

Le charme discret de Marthe Keller

28 min
À retrouver dans l'émission

De Tchekhov à Billy Wilder, Marthe Keller illumine le cinéma depuis des décennies. Elle est avec nous pour "La sainte famille" de Louis-Do de Lencquesaing (en salle le 25 décembre).

Marthe Keller en 2018
Marthe Keller en 2018 Crédits : Franck Harvey - AFP

Dans La Sainte famille, elle incarne une grand-mère fort bourgeoise qui prend soudainement la décision de ne plus vouvoyer ses enfants. Marthe Keller poursuit un parcours d'actrice atypique, dans lequel elle dit apprécier le mystère et la retenue. Pour celle qui devait être danseuse, le cinéma a débuté aux côtés de Philippe de Broca, alors que Mai 68 la bloque dans la capitale française. Après Le Diable par la queue (1968) et Les Caprices de Marie (1970), c'est une série télévisuelle qui la fait connaître du grand public : La Demoiselle d'Avignon.

Mon personnage a cette discipline de certaines familles aristocrates dans lesquelles on ne montre rien. Elle a un côté un peu fin de race. Et j'aime travailler des rôles qui sont très loin de moi.                    
(Marthe Keller)

La famille pour moi, c'est être à la maison, être chez soi, pouvoir dire tout ce que l'on pense. J'ai plusieurs familles, dans le travail surtout, car je n'aime pas m'installer. Je ne pourrais pas être uniquement actrice. Dès que quelque chose semble accompli, je m'ennuie beaucoup. Je suis championne de la contradiction, j'adore ce métier, et, en même temps, je le fuis. Ce que j'aime beaucoup, c'est la troupe, les projets où il n'y a pas de rôles principaux, où la responsabilité est partagée.                     
(Marthe Keller)

Les années 1970 sont marquées par sa carrière étatsunienne, en particulier avec le très remarqué Marathon Man de John Shlesinger (1976), où elle donne la réplique à Laurence Olivier et Dustin Hoffman. Vient ensuite Billy Wilder pour Fedora, en 1978. Le tournage de l'avant-dernier long-métrage du maître est d'une extrême rudesse pour l'actrice d'origine suisse. Durant les années 80 et 90, son travail connaît des intermittences qui ne l'empêchent pourtant pas de tourner pour Nikhita Mikhalkov (Les yeux noirs, 1987), Alexandre Arcady (K, 1997), ou encore plus récemment Au-delà  de Clint Eastwood (2010).

Quand je jouais à Broadway je n'avais jamais le trac, alors qu'à Paris, je refuse qu'on me parle à partir de 17h, si je joue le soir... Ça doit avoir un rapport avec la langue maternelle.                    
(Marthe Keller)

J'étais danseuse classique, j'ai eu un accident et, par hasard, je suis devenue actrice. Il y a une timidité qui est restée car j'ai un sentiment d'imposture. L'important, c'est l'autre. Je trouve que l'écoute est plus importante que la parole.                     
(Marthe Keller)

Au cours des dernières années, elle s'est consacrée à la mise en scène d'opéras (Le Dialogue des Carmélites, Lucia di Lammermoor, Don Giovanni) et à des masterclasses. Son rôle dans La Sainte famille la rapproche de celui qu'elle tenait dans le premier film du réalisateur : Au galop (2012).  Elle évoque avec nous sa lecture du métier d'actrice, et les étapes-clés de son parcours.

Extraits sonores :

  • Trailer de La Sainte famille (Louis-Do de Lencqueseing, 2019)
  • Louis Velle à propose de La demoiselle d'Avignon (extrait des bonus du DVD)
  • "Andy", les Rita Mitsouko remixé par Folamour

Bibliographie

"La Sainte famille"

La Sainte famillePyramide films, 2019

Intervenants

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