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Luis Sepulveda à Rome en 2017

Luis Sepúlveda, la revanche de la baleine

27 min
À retrouver dans l'émission

L'écrivain chilien Luis Sepúlveda évoque la plus redoutée des créatures des abysses, à l'occasion de la publication d'"Histoire d'une baleine blanche" (Métailié, 2019).

Luis Sepulveda à Rome en 2017
Luis Sepulveda à Rome en 2017 Crédits : Simona Granati / Corbis - Getty

Dans le roman d'Herman Melville, Moby Dick est un cachalot redoutable, capable d'une violence hyperbolique et dévastatrice. L'écrivain chilien Luis Sepúlveda inverse radicalement le point de vue, en donnant la parole à la baleine blanche dans son dernier conte. Entre la fable et le roman, Histoire d'une baleine blanche (Métailié, 2019) entrecroise le mythe littéraire avec une légende amérindienne . Il s'agit des trempulwake, quatre baleines blanches destinées à porter vers l'au-delà les hommes du peuple lafkenche, au Sud du Chili. 

Dans cette histoire que je raconte, j'ai voulu reprendre une partie de cette culture : les gens du Sud [du Chili], ces gens qui vivent de la mer, et proches de la mer, nombre de leurs coutumes et de leurs us, on les retrouve dans d'autres cultures, alors que ces peuples n'ont jamais eu aucun contact. Un lafkenche au XIXème siècle ne savait rien de la culture grecque, mais il y a des rituels qu'on retrouve, et qui restent très semblables. Et ce qui a le plus retenu mon attention, c'est cette relation très intime avec la mer, et cette douleur de voir la façon dont la mer a été utilisée.                
(Luis Sepúlveda)

Comme nous vivons dans un monde d'euphémismes, on m'a dit maintenant qu'on a repris la chasse à la baleine avec cette excuse selon laquelle on tuerait des baleines pour des raisons scientifiques [...]. Il n'y a pas de justification. A travers ce conte, ce roman, j'essaie d'expliquer quels sont les motifs qui expliquent cette tuerie de baleines.                
(Luis Sepúlveda)

L'auteur revient sur la nécessité impérieuse de préserver les océans, un milieu qu'il connaît mieux que nul autre. En effet, il a été mousse sur un baleinier, encore jeune homme, et a ensuite sillonné les mers pour l'organisation internationale Greenpeace, dans les années 1980. 

Mais quelles sont les origines de la haine de l'homme envers la baleine ? Le capitaine Achab que met en scène Moby Dick en est peut-être la personnification, mais l'écrivain chilien avait pour souci d'aller au-delà. Ainsi rappelle-t-il que la chasse aux baleines était destinée à la production de parfums, qui masquaient l'odeur des peurs humaines. En replaçant le cachalot au centre de l'écriture, Luis Sepúlveda nous renvoie à l'immense tristesse que suscite une baleine échouée.

J'admire profondément ce roman [Moby Dick], qui est un roman de ma jeunesse, de ma formation littéraire. J'ai toujours eu cette question : [...] pourquoi la baleine n'est-elle pas une personnage ?  
(Luis Sepúlveda)

Merci à Paloma Goulemot pour la traduction simultanée.

Extraits sonores : 

  • Moby Dick, John Huston (1956)
  • Extrait du concert-fiction "Moby Dick", 04/10/2019 (Orchestre national de France, dir. Debora Waldman, adaptation de  Stéphane Michaka)
  • _"Aggua", Yesun_, Robert Fonseca (2019)

Bibliographie

Intervenants
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