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Manuel Vilas

Manuel Vilas, mauvais fils

27 min
À retrouver dans l'émission

Manuel Vilas, auteur de "Ordesa" (Editions du Sous-Sol, 2019, traduit par Isabelle Gugnon), explore la mémoire familiale et ses défaites les plus intimes. Qu'est-ce qui nous relie à nos parents ? Que serons-nous face à nos enfants?

Manuel Vilas
Manuel Vilas Crédits : Mondadori Portfolio - Getty

Avec Ordesa,(Editions du Sous-Sol, 2019), Manuel Vilas creuse la question des filiations, de notre éternelle condition d'orphelins. L'écrivain espagnol dresse un portrait fragmentaire de sa famille, sous la forme de cent quarante-sept fragments auxquels succède un épilogue en forme de recueil poétique. Après le décès de son père en 2005, et de sa mère en 2014, il aborde sans fards la divinité qu'incarne la figure parentale, l'amour inconditionnel qui caractérise la relation "atavique" entre le parent et son enfant. Pour l'auteur aragonais, cette relation est le dernier espace intouché par les dynamiques mercantiles du capitalisme.

J'ai vu un mystère anthropologique de la vie, quelque chose d'atavique entre cette relation profonde entre la mère et le fils, cette relation est une relation qui dure toujours, même si la mère est morte et donc je voulais en fait faire une recherche sur le fait que cette chose-là dure, cet esprit entre la mère et le fils. L'idée, c'est le fait qu'on est perpétuellement orphelin, ou à jamais orphelin.        
(Manuel Vilas)

Se définissant comme un "humaniste", Manuel Vilas pose la question fondamentale de notre venue au monde. Qui régit notre naissance ? Le lien qui unit l'écrivain espagnol à ses parents est indéfectible, comme l'atteste ce roman tout entier, Ordesa. Magnifiant la trivialité de son quotidien, Manuel Vilas évoque les objets qui parsèment la maison parentale et son propre appartement. En outre, il use d'un procédé inusité : le choix de désigner ses proches par le nom de grands musiciens. La mère devient ainsi Wagner, l'oncle vagabond sera Monteverdi, le père est appelé Bach, les enfants de l'auteur sont Brahms et Vivaldi. Entre les pages d'Ordesa s'élève un nouveau mausolée : la procession de tombeaux que chacun porte, invisible, sur ses épaules.

Je voulais aller vers un territoire plus mystérieux, c est-à-dire le moment où le père n'est plus là. Et là je crois qu'il y a une relation très intense, ce que je perçois dans Ordesa ou ce que j'ai réussi à y trouver, c'est presque une religion. [...] Cette idée de l'affrontement logique entre un père et un fils ne m'intéressait pas, le père conservateur, le fils moderne... Moi je voulais vraiment aller vers un autre territoire, un autre terrain, quelque chose de plus obscur.  (Manuel Vilas)

Merci à Pascale Fougère pour la traduction simultanée.

Extraits sonores : 

  • Albert Cohen, "un fils ne sais pas que sa mère est mortelle" (Apostrophes, 1977)
  • Javier Cercas, "le rapport entre un père et son fils est une tragédie" (Hors champs, 2015)
  • "Quid ploras", Monteverdi (Anamorfosi, "Le Poème harmonique", dir. Vincent Dumestre)

Bibliographie

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OrdesaManuel VilasPoints, 2021

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