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Négar Djavadi

Négar Djavadi, dans l'arène parisienne

27 min
À retrouver dans l'émission

Négar Dvajadi nous plonge au coeur de l'"Arène" de l'Est parisien avec son roman : les protagonistes d'une société de l'image sont pris dans un terrible engrenage et une violence qui va crescendo.

Négar Djavadi
Négar Djavadi Crédits : Joël Saget - AFP

Née en Iran en 1969, Négar Djavadi fuit son pays natal pour des raisons politiques à l'âge de 11 ans, traversant à cheval les montagnes du Kurdistan avec sa mère et sa soeur pour rejoindre son père en France. Elle se tourne ensuite vers le langage des images en suivant des études de cinéma à l'INSAS de Bruxelles.

J’ai commencé par faire de l’image avant d’écrire. Ensuite, pour écrire, il ne faut pas résister, il faut laisser s’exprimer les images qui me viennent. (Négar Djavadi)

Scénariste, elle s'est également fait connaître grâce à son premier roman, Désorientale (2016, éd. Liana Levi). Ce livre déployait un portrait sur trois générations d'une famille iranienne en exil en France. Un livre empreint d'autobiographie, au ton introspectif et historique. Pour son deuxième roman, elle épouse un rythme plus éclatant, capable de rendre compte du tourbillon infernal de Paris.

"Arène" est un mot qui rappelle l’arène des gladiateurs, mais c’est aussi le mot qu’utilisent les scénaristes pour désigner le lieu de l’action. (Négar Djavadi)

L'Arène (éd. Liana Levi), c'est le lieu de l'affrontement, d'une spirale de la violence qui va crescendo dans une atmosphère urbaine au bord du chaos. Un vol de téléphone portable, la mort d'un jeune homme, les gestes déplacés d'une policière jusque-là irréprochable et une vidéo virale sur Twitter... Un engrenage fatal qui part d'un rien pour embraser toutes les sphères de ce microcosme où se cristallisent les enjeux de notre époque : des migrants errant désespérément au coeur de Paris, le trafic de drogue et les gangs, la question des violences policières, l'inefficacité des politiques, la solitude des êtres. Le tout porté par une véritable critique de la société des écrans, dans laquelle chacun devient le personnage d'une image, où tout fait est instantanément et fictionnalisé dans une ère de post-vérité. 

A chaque fois qu'il y a violence, on est tous perdants, comme les personnages de ce quartier. (Négar Djavadi)

L'intrigue est condensée dans un roman au rythme haletant, empruntant beaucoup aux codes de la série pour tenir tous les fils narratifs qui s'unissent pour tisser une grande fresque parisienne contemporaine. La galerie de personnages de ce roman choral donne à voir l'Est parisien tel que Négar Djavadi le connaît, elle qui y habite depuis vingt ans. 

C’est l’Est parisien, avec son immigration, la drogue, une architecture globale, mais je me suis permise d’inventer des lieux, parce que c’est une fiction, j’avais besoin d’avoir une architecture personnelle. Il y a les spirales de violence qui s’enchaînent pour aller vers quelque chose de monstrueux. (Négar Djavadi)

J’ai essayé d’attraper le rythme de la ville dans ce livre. Le rythme urbain rappelle le rythme des séries. (Négar Djavadi)

Extraits sonores : 

Bibliographie

couverture du livre

ArèneNegar DjavadiLiana Levi, 2020

Intervenants
  • scénariste (documentaire,courts-métrage et séries) et écrivaine
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