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Les six nouveaux 'espoirs' des studios Warner-Bros avec de gauche à droite, June Martel, June Travis, Olivia de Havilland, Nan Grey, Maxine Doyle et Dorothy Dare, à Hollywood, Californie, Etats-Unis le 19 avril 1935.

Olivia de Havilland : Hollywood, combat des femmes

1h13
À retrouver dans l'émission

En hommage à l'immense actrice Olivia de Havilland décédée ce dimanche 26 juillet, nous revenons sur sa carrière et sur ses combats qui reflètent l'histoire du cinéma hollywoodien : l'histoire, en filigrane, d'une omniprésence des femmes, dans l'ombre ou sous la lumière.

Les six nouveaux 'espoirs' des studios Warner-Bros avec de gauche à droite, June Martel, June Travis, Olivia de Havilland, Nan Grey, Maxine Doyle et Dorothy Dare, à Hollywood, Californie, Etats-Unis le 19 avril 1935.
Les six nouveaux 'espoirs' des studios Warner-Bros avec de gauche à droite, June Martel, June Travis, Olivia de Havilland, Nan Grey, Maxine Doyle et Dorothy Dare, à Hollywood, Californie, Etats-Unis le 19 avril 1935. Crédits : Getty

Olivia de Havilland est née en 1916 à Tokyo mais rejoint vite la Californie avec sa mère et sa jeune sœur, Joan Fontaine. Après des débuts remarqués dans le théâtre (elle interprète Hermia dans Le Songe d'une Nuit d'été), elle signe un contrat de cinq ans avec Warner Bros et interprète de nombreux rôles d'héroïne ingénue aux côtés d'Errol Flynn (Captain Blood, Robin des bois). Révélée au grand public par son rôle de Mélanie dans Autant en emporte le vent, elle a irréversiblement marqué l'industrie du cinéma grâce au procès qu'elle a remporté en 1943 face à son employeur, le studio de production Warner Bros. Christian Viviani nous en explique les grandes lignes. 

Le procès, c’était pour avoir de meilleurs rôles, car les acteurs n’avaient pas le choix ; mais c’était aussi pour rompre ce carcan terriblement asservissant du contrat de sept ans. Si on refusait un rôle, on était suspendu : pendant un certain temps, vous n’étiez pas payé. Mais la période d’inactivité prolongeait le contrat de sept ans (…) on peut dire que le procès que Olivia de Havilland a intenté à la Warner et qu’elle a remporté a mis définitivement fin à cette pratique. Christian Viviani

Ce succès lui permet davantage de liberté dans le choix de ses rôles : Olivia de Havilland s'oriente vers des personnages plus nuancés et complexes, dont la psychologie évolue au cours du film. C'est dans des rôles de ce type qu'elle obtient ses deux Oscars : une fille-mère à la recherche de son fils dans A chacun son destin (1946) et une femme de trente ans courtisée pour son argent dans L'Héritière (1950). Si elle est parmi les seules actrices à conquérir une telle liberté de mouvement, sa détermination nous rappelle qu'à l'origine d'Hollywood, le cinématographe était un secteur majoritairement occupé par des femmes. 

Hollywood n’était rien, n’était pas considéré comme un art. Les femmes et les juifs, interdits de profession respectables, se sont retrouvés à Hollywood et ont façonné ce qui n’était rien, ce qui n’avait pas de nom. Dans les années 1910, il y avait plus de femmes réalisatrices, scénaristes, productrices à Hollywood qu’il n’y en aura jamais plus après. Clara Kuperberg 

En exhumant cette histoire oubliée, les sœurs Kuperberg retracent l'histoire ambiguë des femmes dans le cinéma hollywoodien, au cœur de laquelle se niche un paradoxe : la révolution féministe des années 1960 n'apporte pas de grands rôles féminins au cinéma, c'est même le contraire. 

Pendant l’âge d’or hollywoodien, les femmes étaient fortes, elles n’attendaient pas le coup de fil d’un homme pendant deux heures. Oui, elles étaient animées par l’amour et le mariage, mais ce n’était pas aussi lisse et aussi niais qu’au moment où il n’y a plus de code de censure. Julia Kuperberg

Derrière la caméra, les femmes ne sont pas aujourd'hui plus nombreuses que dans les années 1970 : elles sont environ 9% de réalisatrices et productrices dans les grands studios, et autour de 20% dans le cinéma indépendant. 

Même après MeToo, même si on en parle, il n’y a pas un changement (…) à l’université elles sont cinquante pour cent de jeunes filles qui veulent devenir réalisatrices. Où sont-elles ? Julia Kuperberg 

Olivia de Havilland s'est éteinte à l'age de 104 ans à Paris. Elle habitait en France depuis les années 1950 et avait été naturalisée française. 

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Intervenants
  • Réalisatrice et productrice, co-fondatrice de Wichita Films
  • Réalisatrice et productrice, co-fondatrice de Wichita Films
  • Coordinateur et rédacteur de la revue Positif, professeur à l’université de Caen-Basse Normandie

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