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Omar Victor Diop

Omar Victor Diop, l’art de la photo-studio

27 min
À retrouver dans l'émission

La galerie Magnin-A (Paris) a donné carte blanche au photographe sénégalais Omar Victor Diop. L'exposition "Héritage" fait résonner ses photographies avec celles de Seydou Keïta, Malick Sidibé, Mama Casset ou encore Jean Depara (prolongation jusqu'au 20 mai 2021).

Omar Victor Diop
Omar Victor Diop Crédits : Omar Victor Diop

Le photographe Omar Victor Diop s'est illustré avec plusieurs séries marquantes : "Le futur du beau" (2011) l'a fait reconnaître dans le milieu de la photographie grâce à ses prises de vue mettant en scène des modèles vêtus de vêtements réalisés avec ses propres déchets. D'autres ont suivi, comme "Diaspora" (2014) puis "Liberty" (2016) ; on y voit Omar Victor Diop se prendre en photo dans son studio de Dakar sous les traits d'abord de personnages noirs qui ont traversé l'histoire européenne puis sous ceux des figures de la protestation noire. 

Diaspora est un témoignage qui porte sur la mémoire de l’homme noir hors d’Afrique : du VIème au VIIème siècle, il y a eu une série d’hommes noirs qui ont été portés ailleurs, par les rouages de l’esclavage et de la colonisation, et ils ont eu cette capacité à devenir de grands humanistes, de grands contributeurs à la marche du monde. (Omar Victor Diop)

Omar Victor Diop s'illustre également dans une autre série : "Le studio des vanités". Toujours en cours, elle reprend les codes de la photographie de studio en capturant en couleur la jeunesse de Dakar et la jeune scène créatrice afin de dresser le portrait de cette génération urbaine qui impose ses propres codes. 

Quand je parle de vanité il ne s’agit pas de la mienne, mais celle de la scène culturelle qui connaît un regain d’activité grâce à ces jeunes qui se sont investis dans le secteur, souvent sans aide institutionnelle. (Omar Victor Diop)

On se livre beaucoup quand on se fait photographier, la complicité est très importante : un studio est un endroit où on se balade pieds nus et où on se sent très à l’aise. (Omar Victor Diop)

Dans "Héritage", il propose une relecture de ses oeuvres aux côtés de ceux dont il se sent l'héritier : les grands photographes des portraits studio, comme Seydou Keïta, Mama Casset ou encore Malick Sidibé. L'occasion de réactualiser cette tradition grandement répandue à Bamako, Dakar ou à Kinshasa au siècle dernier. 

Le photographe était ce compagnon de vie qu’on allait voir pendant son mariage, pour présenter son premier fils… C’est ce type de rapport que j’essaye d’avoir avec les personnes que je photographie, d’être ce témoin dans leur vie, peut-être dans quelques années aussi. (Omar Victor Diop)

La liberté est plutôt technologique. Je travaille en numérique, ce qui me permet de retoucher. C´est un élément de création plus qu´une création de vérité. C’est aussi la question de la couleur, parce que c’est un ingrédient créatif. Chéri Samba, le peintre congolais, dit que les couleurs sont pour lui un langage d’émotions et ça m’a beaucoup inspiré. (Omar Victor Diop)

Extraits sonores : 

  • Malick Sidibé / France Culture / 2005
  • André Magnin / France Culture / 2010
  • Paolo Roversi / La Grande Table / 2020 
  • Ballaké Sissoko, "Kora" (feat. Camille), album Djourou (No Format) 
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