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Pierre Ducrozet

Pierre Ducrozet, enquête au cœur du vivant

26 min
À retrouver dans l'émission

A la recherche de nouvelles façons d'être au monde en compagnie de l'écrivain Pierre Ducrozet, qui publie un nouveau roman, "Le Grand Vertige" (Actes Sud, 19 août 2020).

Pierre Ducrozet
Pierre Ducrozet Crédits : JOEL SAGET / AFP - AFP

Le romancier Pierre Ducrozet publie Le Grand Vertige (Actes Sud, Août 2020), enquête romanesque sur les traces de l’unité du vivant. Narrateur des « nouvelles alliances » entre l'homme et la nature, il réunit ses chroniques pour Libération dans une collection de textes à paraître sous le titre Partir léger (Actes Sud, Octobre 2020). Il est par ailleurs intervenu à Arles en août dernier au sein du projet Agir pour le vivant, programme de réflexion et de partage à l’initiative d’Actes Sud. Il est notre invité aujourd’hui.

L’occasion de revenir sur l’écriture de son dernier roman. Le Grand Vertige nous plonge au cœur d’une mission de cartographie du réel confiée aux membres d’une Commission internationale présidée par un environnementaliste déterminé. Le roman croise les destins individuels avec l’expérience démesurée du monde. 

Ce nouvel opus décline un questionnement sur la relation entre soi et l'habitat. Déjà développée dans son précédent ouvrage, l’Invention des Corps (Actes Sud, 2017), P.Ducrozet prolonge cette thématique avec une réflexion sur le "rapport entre soi et l'habitat extérieur" : la matière d'un unique monde sous la menace d’un effondrement. 

L’idée du roman est née de la continuité de "L’invention des corps"; je m’étais demandé, comment on habite nos corps. Puis je m'étais interrogé sur la façon d'habiter l'extérieur, c’est-à-dire le monde. La réponse était problématique, notre rapport au monde est ambigu, destructeur, et explique qu’on en soit là aujourd’hui, d'où le questionnement des personnages qui s'interrogent sur leur relation au vivant.
(Pierre Ducrozet)

Aspirant à des alternatives à l’anthropocentrisme, Pierre Ducrozet cherche de nouveaux liens avec le monde, notamment en repensant la relation au voyage, au mouvement, au rythme. Il envisage la construction même de ses fictions romanesques en écho à cette quête, la forme de son travail épousant le fond de ses convictions : roman choral, Le Grand Vertige développe une écriture en rhizome, multipliant les branches d’un univers sans point de gravité unique. 

J’ai lancé les personnages comme ça, comme des petites billes, pour voir quelles réponses ils pouvaient apporter. Et, peut-être, apporter une forme de vérité qui ne soit pas idéologique. Dans les essais, on réfléchit et c'est passionnant. Mais là, dans le roman, on arrête finalement de réfléchir, on laisse l'action faire et nous dire quelque chose.
(Pierre Ducrozet)

L’enquête qu’il déroule croise les enjeux contemporains. Plus que des réponses catégoriques, le romanesque lui permet d’ouvrir les possibles, d’en multiplier les chemins. Optimiste face aux défis de la modernité, Pierre Ducrozet voit dans la période actuelle un tournant sans précédent, l’occasion rêvée de se réinventer. 

On ne sait pas comment se lier au monde sans le détruire. C’est la grande affaire du siècle. Comment se réapproprier cet espace qui est le nôtre et qu’on ne cesse de malmener? (…) On est toujours dans cette contradiction. Je ne veux pas renoncer au monde, je veux le voir, mais j’aimerais trouver une manière de l’aborder sans le détruire.
(Pierre Ducrozet)

Extraits sonores:

  • Nicolas Hulot, Matinale d'Inter, 1 septembre 2020
  • Laetitia Dosch, La Grande Table, 29 juin 2020  
  • Extrait du spectacle LES Arbres vous parlent (par zoom), présenté le 30 mai au théâtre Vidy de Lausanne (Laetita Dosch) 
  • Bruno Latour, Matinale d'Inter, 19 janvier 2018 
  • Soko (Stéphanie Sokolinski), Being sad is not a crime 
Intervenants

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