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Avant le lever de rideau

Que reste-t-il du service public de la culture ?

27 min
À retrouver dans l'émission

Comment "travailler pour tous" ? Emmanuel Demarcy-Mota, metteur en scène et directeur du Théâtre de la Ville, y répond aujourd'hui.

Avant le lever de rideau
Avant le lever de rideau Crédits : Getty

Le secteur public de la culture est-il désormais dominé par une vision comptable ? Emmanuel Demarcy-Mota distingue aujourd'hui l'effort de rationalisation, enclenché à partir de la crise de 2008, et les valeurs collectives qui doivent porter l'institution. En des temps traversés par l'anxiété et par la montée du néo-fascisme sur tout le continent européen, la culture est selon lui la meilleure possibilité de construire l'avenir, pour la pacification.

Qu'est-ce qui nous réunit, depuis la moitié du XX° siècle, après la Seconde Guerre mondiale, profondément, dans cette idée d'un don que nous faisons quand nous avons la volonté de travailler pour tous ? [...] Nous avons là une responsabilité, quelque chose dont nous devons répondre, en permanence.      
(Emmanuel Demarcy-Mota)

"Est-ce que nous croyons au pouvoir de notre imagination ?" demande le directeur du Théâtre de la Ville. Il importe à ses yeux de créer l'espace où pourrait s'exprimer un pensée dans le respect de toutes les autres pensées. Cela ne peut s'accomplir que dans un cadre supranational, qui prenne en compte l'Europe. Il met actuellement en scène un nouvelle Alice traverse le miroir avec Fabrice Melquiot, qui résonne avec l'un des impératifs de notre temps, selon lui : la construction des souvenirs, et non pas seulement la nostalgie. Cette mise en scène reflète également un rapport à l'altérité qui ne doit cesser, pour le metteur en scène, d'être notre préoccupation cardinale.

Nous sommes dans un cadre qui dépasse nos frontières. Aujourd'hui, nous ne sommes pas au moment de la France, d'après Seconde Guerre mondiale, sous le Général de Gaulle, quand on connaît bien les discours de Malraux, où on pense et on fonde une idée du service public reliée au fait que le XX° siècle est traversé par deux guerres abominables, c'est le siècle où il y a le plus de morts sur la planète : la question du processus de paix, et l'idée que nous devons pouvoir vivre en paix [...]. C'est une priorité absolue d'espérer que, dans les trente années qui viennent, nous n'ayons pas à entrer en guerre avec les autres nations.
(Emmanuel Demarcy-Mota)

Extraits sonores : 

Intervenants
  • Metteur en scène, Directeur du Théâtre de la Ville-Paris, du Festival d’Automne à Paris

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