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Eric Rohmer à Paris en 1986

Rohmer, cinéaste conteur

30 min
À retrouver dans l'émission

A l’occasion de la rétrospective « Eric Rohmer » à la Cinémathèque française (09/01-11/02/2019), Julie Wolkenstein, auteure des "Vacances" (POL, 2017), revenait sur "Les petites filles modèles", premier film inachevé d’Eric Rohmele cinéaste Serge Bozon, invités de la Grande table.

Eric Rohmer à Paris en 1986
Eric Rohmer à Paris en 1986 Crédits : Mohamed LOUNES - Getty

A l'occasion de la Rétrospective que lui consacrait la Cinémathèque française à Paris (09/01-11/02/2019), retour sur l'oeuvre du cinéaste Eric Rohmer.

Né en 1920, mort en 2010, réalisateur de 25 longs-métrages, dont Conte d'été, Pauline à la plage, Le Genou de Claire et Ma nuit chez Maud... Eric Rohmer est un cinéaste littéraire. Pas seulement parce qu'il a suivi des études de lettres, écrit un livre en 1946 avant de devenir critique de cinéma. Mais parce que la littérature a irrigué tout son cinéma.

Dans son roman Les Vacances paru chez POL, il y a un an et demi, les personnages de Julie Wolkenstein enquêtent sur Les Petites filles modèles, premier film inachevé d'Eric Rohmer. Serge Bozon, cinéaste, réalisateur de L'Amitié, de La France, et dernièrement de Madame Hyde avec Isabelle Huppert est notre deuxième invité.

Ils nous parlent du rapport d'Eric Rohmer à la littérature :

C'était un vrai lettré, un érudit, à la fois éclectique et qui approfondissait les sujets qui l'intéressaient (...) C'est un éternel recalé, de l'université, il était khâgneux mais n'a pas été reçu à l'Ecole normale (...) Ce qui me frappe, l'éclectisme : c'est quelqu'un qui s'intéresse à la fois à l'architecture, à la poésie, à la philosophie. Vraiment à des domaines extrêmement variés et qu'il approfondit chaque fois avec un sérieux et une rigueur... Quand il fait la Marquise d'O, je ne pense pas que ce soit un auteur qu'on ait beaucoup adapté, lui-même est germaniste, Rohmer, il lit le texte original.
(Julie Wolkenstein)

Je pense que son rapport à la littérature n'est pas du tout scolaire (...) Il avait une idée très simple mais assez radicale : le cinéma, qui est arrivé après les autres arts, n'a pas cessé de vampiriser les histoires qui venaient du théâtre, qui venaient du roman, qui venaient même d'une certaine manière de la peinture. Étrangement, il n' a jamais proposé à son tour de nouvelles histoires. Donc, le cinéma n'a fait que prendre les histoires des autres.
(Serge Bozon)

Serge Bozon nous parle de la personnalité atypique de Rohmer dans le monde du cinéma ainsi que de la singularité de son cinéma :

J'ai été marqué par le fait que Rohmer avait - ce qui est tout de même très rare dans le cinéma - une espèce de calme, tout simplement. Qui va avec quelque chose de profond chez lui qui est l'idée très classique que les passions sont dangereuses, il faut éviter d'être passionné, il faut rester calme, il faut rester confiant (...) Cette idée de fidélité envers et contre tout, qui venait peut-être de sa foi catholique, lui donnait un calme très unique dans le monde du cinéma. Il n'avait pas du tout le rapport qu'ont la plupart des gens aux actrices ou en général aux techniciens. C'est quelqu'un qui tout simplement, sur les tournages, n'avait aucune forme d'autorité, et même les gens se moquaient de lui. Ce qui arrive très rarement : en général, sur un tournage, les gens ont peur du réalisateur.
(Serge Bozon)

La force des films de Rohmer, c'est que derrière le marivaudage supposé, à chaque fois se pose une question extrêmement sérieuse qui est vraiment de l’ordre du choix moral dans ce qu'il a de plus engageant et donc dans ce qui est le contraire du badinage.
(Serge Bozon)

Rediffusion de l'émission du 9/01/2019

Intervenants
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