LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Sam Stourdzé

Sam Stourdzé, quelle Villa Médicis pour demain ?

27 min
À retrouver dans l'émission

Sam Stourdzé, à la tête du Musée de l'Elysée à Lausanne jusqu'en 2014, puis des Rencontres de la photographie à Arles, a été nommé directeur de la Villa Médicis en mars dernier.

Sam Stourdzé
Sam Stourdzé Crédits : BERTRAND LANGLOIS - AFP

La Villa Médicis a changé ma vie. (Sam Stourdzé)

Sam Stourdzé connaît déjà la Villa Médicis, pour y avoir été pensionnaire de 2007 à 2008 dans la section cinéma. C’est d'ailleurs là qu’il a conçu son projet autour de Federico Fellini, donnant lieu à la première grande exposition consacrée au maestro italien présentée dans plus de 15 villes européennes et à une rétrospective de ses films à la Cinémathèque française. Un lieu, donc, qui offre des moments désintéressés, un contexte propice à l'imagination, au ressourcement, à la création des artistes. Comme confié au Figaro en mars dernier, c'est là qu'il a nourri son "tiroir de projets pour les dix années suivantes".

J’y ai trouvé un formidable temps pour penser, réfléchir, travailler de manière libre et désintéressée. La plupart des résidences d’artistes sont conditionnées à un résultat final. La Villa Médicis est une chance et un luxe qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Cela m’a ressourcé et j'y ai nourri mon projet autour de Fellini. C’est ce champs libre qui m’a permis de développer autant de projets. (Sam Stourdzé)

Pourquoi les créateurs n’auraient pas besoin eux aussi d’un arrêt dans leur parcours ? Les Romains appelaient cela l’otium, du temps libre et désintéressé pour réfléchir et créer. C’est le contraire du negotium. (Sam Stourdzé)

De 2010 à 2014, il est directeur du musée de l'Élysée à Lausanne. Mais c'est désormais aux Rencontres de la photographie à Arles que son nom est lié : directeur de cet événement depuis 2014, la fréquentation du festival a augmenté de près de 75% sous sa direction. Ce bilan exceptionnel tient sans doute à des expositions s'adressant à un public très varié, à des choix misant sur une déambulation dans la ville arlésienne, à l'importance accordée à l'éducation aux images auprès du jeune public dans un monde en pleine révolution numérique. Mais c'est aussi le décloisonnement des disciplines qui ressort du bilan de Sam Stourdzé. Il a insisté sur son désir de faire dialoguer la photographie avec d'autres arts comme la musique, la littérature ou l'art contemporain. Notons aussi la réussite de projets comme la coopération franco-chinoise pour le Jimei Arles International Photo Festival ou le nouvel Institut pour la photographie à Lille.

J’ai pleuré à l’idée de quitter Arles. J’ai aimé ces six années à la tête d’Arles. J’ai aimé cette rencontre avec les artistes, le public, la ville. Pour autant, il est des pages qu’il faut savoir tourner. (Sam Stourdzé)

En passant d’Arles à Rome, Sam Stourdzé change aussi de rôle dans la chaîne de création artistique : alors qu’il a toujours été « en aval », dans un travail éditorial de sélection et d'exposition, il se trouve désormais « en amont », dans un lieu où il doit mettre en place les conditions de vie pour que les artistes puissent créer et chercher. Son projet pour la Villa se concentrera autour de la notion de mobilité, une mobilité artistique, sociale et européenne.

On est à la fois un acteur culturel de la scène romaine tout en étant un établissement français. Ce métissage est au cœur des préoccupations des artistes. La Villa Médicis doit être au cœur des questions de société, sortir de sa tour d’ivoire.

Il assurera dans cette résidence d'artistes les trois missions historiques de cette institutions sous la tutelle du ministère de la Culture : l’accueil en résidence et l’accompagnement des artistes et chercheurs ; la participation aux échanges culturels et artistiques avec une programmation de qualité ouverte au publie ; la conservation de la Villa Médicis.

Les seize pensionnaires de la promotion 2020-2021 témoignent de l'importance de l'interdisciplinarité dans ce lieu, avec : Noriko Baba, compositrice ; Coralie Barbe, restauratrice en arts graphiques ; Adila Bennedjaï-Zou, scénariste et documentariste ; Simon Boudvin, plasticien ; Gaylord Brouhot, historien de l’art et de la mode ; Anne-James Chaton, écrivain ; Mathilde Denize, plasticienne ; Alice Dusapin, éditrice et chercheuse indépendante ; Fernando Garnero, compositeur ; Alice Grégoire, architecte ; Clément Périssé, architecte ; Félix Jousserand, poète issu de la scène slam parisienne ; Jacques Julien, sculpteur ; Estefania Penafiel Loaiza, plasticienne ; Georges Senga, photographe ; et Apolonia Sokol, peintre.

La manifestation Viva Villa ! qui présente les travaux des pensionnaires de la Villa Médicis, de la Casa Velaquez et de la Villa Kujoyama se déroulera à la Collection Lambert à Avignon à partir du 24 octobre.

Extraits sonores :

  • Extrait du film L'Indompté de Caroline Deruas
  • Lise Charles dans l'émission "Par les temps qui courent" le 03/09/2020
  • Richard Peduzzi dans l'émission "Hors champs" le 20/11/2014
  • Léopoldine HH, "Psychotropique". Léopoldine HH sera en concert les dates suivantes : le 09/10/2020 - PITHIVIERS (45) - Théâtre du Donjon ; le 15/10/2020 - PORTE LES VALENCE (26) - Train Théâtre ; le 16/10/2020 - PRIVAS (07) - Théâtre de Privas ; le 01/12/2020 - OBERHAUSBERGEN (67) - Le PréO. En attendant son 2e album attendu mi-janvier et intitulé "Là ! Lumière particulière".
Intervenants
  • Directeur la Villa Médicis, ancien Directeur des Rencontres d'Arles, commissaire d'exposition
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......