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Simon Liberati

Simon Liberati convoque ses "Démons"

27 min
À retrouver dans l'émission

Simon Liberati nous propose une immersion dans la noirceur et les éclats des années 1960 dans son nouveau roman, "Les démons" (Stock).

Simon Liberati
Simon Liberati Crédits : Joël Saget - AFP

La Grande Table reçoit Simon Liberati pour son nouveau livre, Les démons, paru le 19 août chez Stock. L'auteur est né en 1960 à Paris : les années 1960 sont donc celles de son enfance, des années qu'il a pressenties, ressenties, dont il a eu une sorte d'intuition sans pleinement les vivre. Une époque qui nourrit son imaginaire et constitue l'essentiel de ses références esthétiques. Simon Liberati explorait le destin tragique du sex-symbol hollywoodien dans Jayne Mansfield 1967 (2011), ou encore l'affaire Sharon Tate dans California Girls (2016), faisant de l'écriture une exploration de ces vies passées, ces faits divers, cette société pop américaine, dans la lignée des écrits d'un Truman Capote. L'écrivain avait déjà composé des univers purement fictifs d'un côté, et travaillé sur des personnages réels de l'autre, mais c’est la première fois que les deux se mêlent en une œuvre, sa galerie de personnages croisant le destin d'un Warhol, d'une Brigitte Bardot ou d'un Truman Capote. A ce mélange entre fiction et réalité s'ajoute une hybridité générique, le livre tenant à la fois de la saga familiale, du drame, du thriller, du livre érotique, de la fiction historique... 

Dans le livre, il y a une part de vérité qui est utilisée pour fasciner. J’ai toujours été très obsédé par les mêmes choses. (...) Je n’ai pas bougé depuis l’âge le plus tendre, mes goûts sont définitivement figés, je ne sais faire que ça.  J’ai toujours été obsédé par les gens qui avaient des destins tragiques ou violents, par les photographies des morts comme celles de l’accident de Jayne Mansfield. (Simon Liberati)

Malheureusement pour mes proches, le monde réel a perdu pour moi tout aspect de réalité. Je vis dans un monde parallèle et suis obsédé par mes constructions, c’est une sorte de jeu. Je m’enferme de plus en plus dans cette obsession, je me tourne totalement vers la fiction. (Simon Liberati)

Le livre couvre trois années, de 1966 à 1968. Le début nous plonge dans un domaine familial à Fontainebleau, « les Rochers », celui des Tcherepakine, une famille d’origine russe alors en pleine décadence. On rencontre les trois membres de la fratrie infernale que sont Serge, Taïné et Alexis. Donatien, le fils adopté, complète ce trio, figure ambivalente qui protège et menace la famille tout à la fois. La mère de la fratrie s’est suicidée dans la Seine et leur père est souvent absent. Quant à leur grand-mère Odette, elle vit avec eux et transmet à ses petits-enfants le goût de la littérature. Elle est aussi la spectatrice de la chute de cette génération. Car rapidement intervient l’accident de voiture qui tue Serge et défigure Taïné, après le concert historique de James Brown à l’Olympia.

Cette fratrie est inspirée des Enfants Terribles de Cocteau : une famille étrange, des enfants livrés à eux-mêmes jouant à des jeux dangereux, tentés par des relations incestueuses et des expériences limites. (Simon Liberati)

Je suis très proche de mon héroïne principale. Les personnages, vous les faites naître, ils vous tiennent, vous soutiennent, et vous perdent parfois. Je suis retourné à la fiction et en rejouant ces cartes-là je me sens englouti par un personnage de papier, le personnage principal : Taïné. (Simon Liberati)

Le roman fait voyager Taïné et Alexis entre le New York de la pop culture autour du Factory d'Andy Warhol, le festival de Cannes de 1967, le Bangkok d'une jetset enchaînant les orgies sexuelles autour d'Emmanuelle Arsan et le monde de la nuit à Rome, les tout mêlé à quelques figures centrales de ces années 1960. A son retour de New York, Taïné est métamorphosée physiquement et ressort forte de nouveaux rêves, d'une nouvelle conception de la vie.

L’histoire est une saga, un premier volume : deux autres livres suivront pour raconter la suite et la chute de cet âge d’or : les années 1970 puis les années 1980. Le titre initial était Prières exaucées, titre de Truman Capote : les personnages beaux et narcissiques du livre veulent devenir les personnages du livre de Truman Capote, rentrer dans l’univers de cet auteur qu’Alexis admire. On y croise Andy Warhol, Emmanuelle Arsan, Alessandro Ruspoli, Brigitte Bardot, Louis Aragon, Elsa Triolet, Marie-Laure de Noailles ou encore Paul Morand. Simon Liberati mélange l’univers finissant de la fin des années 1925 à celui de l’émergence de la pop culture.

Je me renseigne, je vois les connexions. La plupart des faits que j’évoque sont réels : Warhol à Cannes en 1967, Aragon au concert de James Brown, Elsa qui adorait Johnny Hallyday… Une époque se termine, l’autre commence, l’ancien monde rencontre le nouveau, cela me fascine. La fiction me permet de jouer avec ces interférences, ces chocs. (Simon Liberati)

Extraits sonores :

  • Truman Capote, interview au Ritz, émission "Lire", collection RTF / ORTF, diffusé le 16/09/1966
  • Interview d'Edie Sedgwick

Bibliographie

Intervenants
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