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Tanguy Viel

Tanguy Viel, la littérature est un sport de combat

27 min
À retrouver dans l'émission

Nous recevons aujourd'hui le romancier Tanguy Viel à l'occasion de la parution de son nouveau roman, "La Fille qu'on appelle" aux Editions de Minuit.

Tanguy Viel
Tanguy Viel Crédits : Nadine Michau

Dans une ville de l'ouest, Max Le Corre, ancien boxeur, travaille comme chauffeur pour le maire de la ville, Quentin Le Bars, un politicien ambitieux. Lorsque Laura Le Corre, la fille de Max, revient s'installer près de son père, ce dernier demande un coup de main à son puissant patron pour lui trouver un logement. 

Laura a une faiblesse très animale qui est carapacée dans une faiblesse sociale. C’est une jeune fille qui, à 16 ans, a été prise dans le monde du mannequinat, et à partir de là, elle est marchandée. Et sa vulnérabilité vient du fait qu’à aucun moment elle n’a pu s’affranchir, avoir sa propre souveraineté, se construire comme une jeune femme qu’on aurait laissé se déployer. Le paradoxe de ce personnage est qu’elle est intelligente, lucide, mais que l’intelligence n’interdit pas la naïveté et la fragilité, et c’est cela qui  m’intéresse le plus. (Tanguy Viel)

Les deux personnages, Laura et son père Max, ont un problème de corps, un problème dans la manière dont les autres s’emparent de leurs corps. Pendant longtemps, j’ai pensé faire un roman sur la boxe. Evidemment dans la boxe il y a cette notion d’hyper présence, et dans l’écriture il faudrait que ce soit la même chose, que de la pulsion à la phrase, il y ait un geste très rapide qui fait que cela s’incarne, dans la mesure où l’écriture est une forme de corps. (Tanguy Viel)

Dans cette fable sombre aux allures de polar, Tanguy Viel interroge les rapports de pouvoir et l'aliénation des êtres.

J’ai eu besoin d’écrire cela avec un microscope, comme si on regardait à la loupe tout ce qui se passait dans ces situations de non-dit, de silence, où les choses sont inachevées et en même temps tout est déjà dit : l’homme de pouvoir fait ce qu’il veut à condition de pouvoir bien dessiner la mise en scène, c’est lui qui écrit l’espace. (Tanguy Viel)

Le lecteur est une abstraction, de la même manière que je suis pour moi-même une abstraction quand j’écris, c’est-à-dire que je n’ai pas d’identité sociale à cet instant précis, je suis dans un espace qui pourrait si possible - pardon pour la grandiloquence - faire appel à une sorte de fraternité universelle. (Tanguy Viel)

Extraits sonores 

  • Extrait du documentaire « Faits divers » de Raymond Depardon, 1983
  • Musique : Rodolphe Burger et Yann Fanch Kemener, "Kazanova" extrait de l'album Glück Auf ! sur le label Dernière Bande.
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