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 Le réalisateur anglais Terry Gilliam lors du Gala du CineMerit. Munich, Allemagne, le 2 juillet 2018.

Terry Gilliam, cinéaste de légendes

29 min
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Rencontre avec le cinéaste Terry Gilliam, à l'occasion de la sortie de la version restaurée de "Jabberwocky" (1977) chez Carlotta le 17 février prochain. Un premier film réalisé en solo après les Monty Python et sur l'ensemble de sa carrière, entre le rire, l'absurde et le politique.

 Le réalisateur anglais Terry Gilliam lors du Gala du CineMerit. Munich, Allemagne, le 2 juillet 2018.
Le réalisateur anglais Terry Gilliam lors du Gala du CineMerit. Munich, Allemagne, le 2 juillet 2018. Crédits : Felix Hörhager/picture alliance - Getty

Terry Gilliam n'est pas seulement l'un des Monty Python. Génie de l'absurde, il avait peut-être déjà donné les clés de tous ses questionnements artistiques dans Jabberwocky (1977). Celui qui a commencé par la bande-dessinée a livré des films majeurs comme Brazil (1985), L'armée des douze singes (1995) ou encore plus récemment L'homme qui a tué Don Quichotte (2018). 

C’est le premier film que j’ai fait seul, c’était ma tentative de justement fuir les Monty Python, même si c’est curieux que ça passe par un film médiéval avec des Monty Python. Ce que je voulais faire était de parler d’aventure, de romance. Même si c’est essentiellement une comédie. (Terry Gilliam)

S'il y a un élément qui pourrait caractériser Terry Gilliam, c'est son goût pour l'absurde. Qu'il s'agisse des références à l'univers de Lewis Carroll, de son appartenance au fameux groupe du non-sens qu'est Monty Python ou des mésaventures liées à nombreux de ses projets. Dans Jabberwocky, on pouvait déjà voir les prémices de ce qui constituera les fils rouges de son œuvre dense. 

Je suis toujours très fier de ce film, j’adore l’atmosphère, c’est une collection de comique britannique.  (Terry Gilliam)

Bien que les films de Terry Gilliam abordent toujours sa vision de la société au moment de la réalisation, ils ont rarement lieu dans le temps contemporain. Le futur proche, le domaine du rêve et de la folie et les temps passés sont le théâtre de ce jeu de miroir. Le Moyen-Âge reste l'un des terrains privilégiés du réalisateur, comme dans Sacré Graal (1975)

Le moyen âge est une belle époque car on peut très bien caractériser tout le monde. Il y a un roi, des chevaliers, on y a ajouté la classe des marchands qui sont peu représentés. Le père de Dennis est tonnelier mais son rêve est d’être manager. Ce que j’aime beaucoup dans le Moyen-Âge, c’est aussi Brueghel et Bosch qui représentent un monde dont l’imaginaire est beaucoup plus intéressant que le nôtre. (Terry Gilliam)

Cela permet, pour lui, de critiquer son époque, pour le public, de regarder la société à travers son regard. Jabberwocky à sa sortie a été perçu comme une critique de la politique de Margaret Thatcher, et aujourd'hui nous voyons L'armée des douze singes comme un film prophétique sur l'apparition d'un virus destructeur sur Terre. 

Ce qui est intéressant est qu’aux Etats-Unis, on a fini par tuer Trump, par abattre le monstre, mais il y a toujours des milliers de gens qui croient encore à ses idées. Souvent, la religion a été le refuge pour les gens qui ont peur, mais je n’ai jamais accepté que leur point de vue soit le seul valable. La crise sanitaire nous rend dans une certaine mesure égaux face à ce fléau, mais le problème n’est pas là. Ça repose dans les inégalités économiques, il faut rectifier le fait que 1% de la population possède 99% des richesses du monde. (Terry Gilliam)

Extraits sonores : 

  • Extraits des films Monty Python, Le Sens de la Vie (1983), Jabberwocky (1977, restauration 2021), L'armée des douze singes (1995) 
  • Gotlib, France Inter, 2008 

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