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Woodkid

Woodkid, pop mélancolique

27 min
À retrouver dans l'émission

Woodkid multipliait les projets artistiques depuis son premier album, "The Golden Age" (2013), et le voici de retour pour un deuxième album plus mélancolique, porté par une nouvelle conscience politique : "S16", sous le signe du soufre.

Woodkid
Woodkid Crédits : Frank Hoensch - Getty

"Je voulais réaliser un album moins accessible, qui demande plus à l’auditeur", confiait l'artiste au Monde ce mois-ci, à propos de son deuxième album, "S16".

Propulsé par son single _Iron_, Woodkid, de son vrai nom Yoann Lemoine, s'est aussi fait connaître en tant que réalisateur de clips pour des artistes comme Yell (Ce jeu), Nolwenn Leroy, The Shoes mais aussi Katy Perry (Teenage Dream), Drake et Rihanna (Take Care), Moby (Mistake), Taylor Swift (Black to december) ou Lana Del Rey (Born to die, Blue jeans).

Il a multiplié les projets avec la danse (avec Sidi Larbi Cherkaoui), la mode (pour Nicolas Ghesquiere chez Louis Vuitton), le cinéma (en composant la musique du film de Jonás Cuarón, Desierto), les arts plastiques et la photographie (sa collaboration avec JR pour le NY City Ballet, par exemple). Au centre de son travail, il y a ce lien entre l’image et le son, et même un « triangle » entre l’image, le son et l’émotion. Woodkid considère Philip Glass, grande figure de la musique contemporaine américaine, comme un mentor artistique pour penser le processus de composition ainsi que la relation entre le son et l’image. 

Son premier album, "The Golden Age", sortait en 2013 et construisait un univers sonore très personnel autour de la thématique de la perte de l'enfance. Déjà, Woodkid y déployait une mythologique sombre, s'appuyant sur des titres très expérimentaux tout en cultivant un goût pour l'orchestration classique. Le clip de la chanson "The Golden Age" était révélé en juillet 2014. Après cet immense succès, Woodkid se projette dans un nouveau projet ambitieux, celui de travailler dans le cinéma, idée qu’il met finalement de côté pour se consacrer à des années d’ « apprentissage » pendant lesquelles il accepte de participer à de multiples projets dans des secteurs aussi divers que la mode ou la danse. 

Je n'ai pas conceptualisé les sept années qui séparent les deux albums, c'était un temps de collaborations, d'apprentissage... et cela m'a permis de me faire un peu oublier et de faire un album qui ne surfe pas sur le succès du premier. Un succès, c'est un changement de vie, et, forcément, il y a un temps de digestion. J'ai senti très vite qu'il y avait un danger dans le sentiment d'ébriété du succès. (Woodkid)

Le 11 décembre 2019, il partage une vidéo d’annonce de son retour, dans laquelle il est représenté en motion design, s’éveillant dans une forme d’apesanteur dans un univers noir et blanc, très minéral, dans la continuité de plusieurs de ses œuvres. Avant la sortie de son album "S16" le 16 octobre, trois titres sont révélés au public : "Goliath" accompagné de son clip, succès immédiat sur internet ; "Pale Yellow" et "Horizons into Battlegrounds" enregistrés au studio COLORS. Son nouvel album ne manque pas de faire écho à plusieurs reprises à la situation mondiale actuelle, entre catastrophe écologique et humaine.

Il y a visiblement quelque chose du monde qui est dysfonctionnel, qui est pesant. La vitesse du monde est quelque chose qui m'affecte, le train qu'on nous demande de prendre va beaucoup trop vite. Et ralentir ce train demande beaucoup d'efforts, c'est titanesque.  
(Woodkid)

L’univers industriel de « Goliath » a quelque chose de très destructeur, autant pour la planète que pour l’individu, qui se retrouve broyé par une atmosphère mécanique. Comme le propose la question initiale du titre « Shift » (« What have we done ? »), l’album questionne le rôle de la société dans l’état du monde. Et ce constat ne va pas sans une certaine angoisse, faisant naître un univers musical empreint de noirceur. Mais ce sont aussi nos fêlures amoureuses et intimes que chante la voix renouvelée de Woodkid. Un album mélancolique, politique peut-être, qui signe le grand retour sur scène de l'artiste.

Jouer avec le trouble de l'organique et du digital m'intéresse. Il y a quelque chose d'amusant et de futuriste qui me plaît beaucoup. C'est ma passion de la musique électronique et de produire de la musique électronique qui émerge là-dedans. Cet album est plus contrasté ; j'ai appris le silence au sens propre comme au sens figuré. Les grands moments orchestraux existent d'autant plus qu'ils sont mis en face de vrais moments de silence.  
(Woodkid)

Extraits sonores :

  • "Minus sixty-one", album "S16"
  • "Goliath", album "S16"
  • Collaboration avec Nicolas Ghesquiere (Louis Vuitton) en 2019

Bibliographie

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