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Photo prise durant le festival Mens Alors ! 2017

Patois mon toit

1h04
À retrouver dans l'émission

Les langues de France sont vives, parlées, enseignées mais aussi chantées. Nous recevons trois acteurs du monde de la musique qui donnent à entendre ces langues. En 2ème partie : portrait de l'auteur Valère Novarina à qui le Centre Culturel International de Cerisy consacre un colloque.

Photo prise durant le festival Mens Alors ! 2017
Photo prise durant le festival Mens Alors ! 2017 Crédits : auteur : JJ

PREMIERE PARTIE : PATOIS MON TOIT

Avec Benjamin Caschera, co-fondateur de la plateforme musicale La Souterraine et directeur du label Almost Musique

Ernest Bergez dit Sourdure, il compose des morceaux électro-acoustiques inspirés du répertoire traditionnel occitan qu’il réactualise, il sera au festival Mens alors ! le vendredi 10 août.

et au téléphone : Denez Prigent, auteur-compositeur-interprète de langue bretonne, qui était présent au festival Interceltique de Lorient (qui dure jusqu'au 12 août) et dont le dernier album, Mil hent - Mille chemins, est paru en mai dernier.

On les appelle les langues de France, les langues régionales, les langues locales, les langues minoritaires. On les désigne aussi par le terme de « dialectes », ou de « patois », quoique ce dernier terme soit connoté de manière péjorative. Appelons les directement par leurs noms précis : le breton, le gallo, l’occitan, le basque, le corse…
Des langues qui circulent, qui sont aujourd’hui parlées, enseignées mais aussi chantées.

Les musiciens qui chantent ces langues le font, pour certains, depuis l’enfance. D’autres s’en emparent, se les approprient, et poursuivent le travail de transmission.

J’ai découvert l’occitan quand j’étais petit, en écoutant groupe Massilia Sound System, un groupe de Marseille. Ça m’avait énormément marqué, je n’arrivais pas à assembler dans ma tête le fait qu’on soit en France, que Marseille soit en France et que ces gens-là parlent une autre langue. Ça me semblait impossible, comme quoi la pensée unificatrice a bien fonctionné très tôt…                
Sourdure

Quand on commence à découvrir ces univers musicaux c’est comme un caillou qu’on soulève, on y découvre plein de choses : des salles de bal où des gens de moins de 30 ans dansent et chantent… On s’attache à révéler un peu ces univers même si nous ne sommes pas spécialistes, c’est aussi le jeu d’essayer de faire circuler ces musiques hors de leurs terrains de spécialistes.                
Benjamin Caschera 

Aujourd’hui il va falloir qu’on arrête de simplement chanter les langues locales, il faut qu’on se remue un peu et qu’on commence à les parler.                
Sourdure

Je refuse d’entendre que je parle une langue régionale. C’est méprisant et anachronique. La langue bretonne a plus de 1500 ans, elle est en l’occurrence plus ancienne que le Français. Il ne faut pas hiérarchiser les langues, les visions du monde, il n’y a que des langues du monde.                
Denez Prigent

Ces musiques sont passées de générations en générations et c’est ce qui en fait une musique non folklorique. Si le terme ‘régional’ me révolte un peu, la notion de ‘folklorique’ tout autant. Le folklore pour moi c’est quelque chose de mort, d’inerte, piqué au formol sous une cloche de verre. La musique bretonne est ouverte qui vit avec son temps.                
Denez Prigent

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Sons diffusés en première partie :

Archive de Gaston Tuaillon dans Tire ta langue sur France Culture le 11/10/1999
Musique de Denez Prigent, An tad-moualc'h kaner(le merle chanteur)
Musique de Sourdure, L'Entendu

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DEUXIEME PARTIE : Portrait de Valère Novarina

Valère Novarina est auteur de théâtre, essayiste, metteur en scène et peintre.
Le Centre Culturel International de Cerisy lui consacre un colloque du vendredi 10 août au vendredi 17 août 2018 intitulé : Les Quatre sens de l’écriture.

La prochaine exposition de Valère Novarina, Chaque chose devenue autre peintures, dessins, litanies, se tiendra à la Chapelle-espace d’art contemporain Pôle culturel de la Visitation Thonon-les-Bains du 15 septembre au 15 décembre 2018.

La traduction me semble une sorte d’acte poétique par essence, elle est dans le mur invisible entre les langues. Elle travaille l’incommunicabilité des langues qui apparaissent comme des corps vivants, pas du tout comme des mécaniques communicationnelles, mais comme une offrande du souffle.

Si on lit des auteurs anciens dont personne n’ouvre plus les livres, on leur donne notre souffle, ils revivent. Dans la bibliothèque ce sont des pierres alignées, des tombeaux morts. Ce geste d’ouvrir la page est beau, comme un poumon.

Il ne faut pas oublier que nous sommes des animaux et ne pas cesser de s’étonner d’être des animaux qui parlent. Il faut comprendre que le langage est un animal qui vit, meurt, vieillit.

Sons diffusés en deuxième partie :

Lecture d’un extrait de La voix négative par Oriane Delacroix
Le discours aux animaux par André Marcon sur France Culture le 28 mai 1989

Extrait de l'émission en vidéo :

Bibliographie

L'Espròva SourdureLes Disques Du Festival Permanent, 2018

Intervenants

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