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Salim Karami, Sans titre, 2009, encre sur papier, 50 x 70 cm

Exposer les arbres

1h11
À retrouver dans l'émission

Sur des arbres perchés, les artistes voient le paysage, naturellement. Ils collectent feuilles, branches et imagination, pour créer une forêt rêvée comme conservée dans un bocal. Tandis que de cet écosystème, le philosophe à la loupe examine l'essence, pour du vivant extraire la sève de la pensée.

Salim Karami, Sans titre, 2009, encre sur papier, 50 x 70 cm
Salim Karami, Sans titre, 2009, encre sur papier, 50 x 70 cm Crédits : Galerie Polysémie, Marseille © Salim Karami

PREMIÈRE PARTIE | Exposer les arbres

avec Isabelle Gaudefroy, commissaire d'exposition, Fabrice Hyber, artiste plasticien, et Fredi Casco, artiste plasticien

"La nature qui a été copiée, il faut la voir autrement à présent. Il faut imiter le fonctionnement de la nature pour reconstruire un monde. La nature n'a pas besoin de nous, elle va forcément être plus forte que nous." (Fabrice Hyber)

Chêne chevelu, érable pyramidal, bouleau verruqueux... ce sont les arbres qui vont nous occuper aujourd'hui. Ils sont là, dans le jardin de la Fondation Cartier, qui inaugure aujourd’hui l’exposition Nous les arbres. Dans le jardin, mais aussi à l’intérieur : peints, dessinés, filmés, représentés sous toutes les coutures. Organismes parmi les plus anciens de la planète, 400 fois plus nombreux que les humains, les arbres ont pourtant longtemps été les plus dénigrés des vivants et largement négligés par la science. A présent les chercheurs leur reconnaissent une intelligence réelle et spécifique que les artistes retranscrivent dans leurs œuvres.

"Il n'y a pas qu'une nature artistique, il y a aussi une nature politique. Le Chaco est un des territoires les plus affectés par la déforestation. En ce moment, garder dans la mémoire ce qu'a été l'histoire du Chaco est essentiel." (Fredi Casco)

Nous les arbres, du 12 juillet au 10 novembre 2019 à la Fondation Cartier pour l'art contemporain (Paris)

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DEUXIÈME PARTIE | Emanuele Coccia

Le philosophe Emanuele Coccia
Le philosophe Emanuele Coccia Crédits : Radio France

avec Emanuele Coccia, philosophe

Voilà que lui aussi, se penche sur l’arbre, démarche risquée s’il en est, y compris pour le philosophe. Il s’y penche et le premier souvenir remonte. Trois pins parasols devant sa chambre, image éternelle, trois arbres pour horizon. L'occasion de revenir avec Emanuele Coccia sur cette image originelle et sur l’image en générale.

"Les végétaux ont une conscience, une intelligence, un véritable expérience, même s'ils n'ont pas de système nerveux. Cela remis en question toute une série de présupposés moraux. La botanique a été pendant très longtemps une science qui a souffert d'un complexe infériorité par rapport à la zoologie. On s'est posé la question de l'homme par rapport à l'animal. On a construit une pensée sur le vivant totalement zoocentrée. On a oublié que les animaux représentent une quantité minuscule du vivant sur Terre." (Emanuele Coccia)

Le bien dans les choses d'Emanuele Coccia, Rivages Poche ; La Nuit des arbres, le 13 juillet 2019 à la Fondation Cartier (Paris)

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Sons diffusés :

  • Jun Miyake, "Lillies of the valley", extrait de l'album Pina, 380 Grad, 2011 (générique)
  • Giuseppe Penone, artiste, dans LSD, La série documentaire, le 5 décembre 2018 sur France Culture
  • Extrait du film Como un pez nel monte de Fernando Allen et Fredi Casco
  • Extrait du film Mon Arbre de Raymond Depardon et Claudine Nougaret
  • Lagartijeando, "La Frontera" (feat. Minük), extrait de l'album Jallalla, 2019
  • Francis Hallé, botaniste, lors d'une conférence en juin 2018
Intervenants

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